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  Christian Jegourel

 

    



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Jeudi 15 mars 2007

Après Skype qui se lance dans une croisade au Etats-Unis contre les opérateurs mobiles accusés de verrouiller leurs téléphones (ici), c’est au tour de Vodaphone, premier opérateur mondial de téléphonie mobile, d’ouvrir une brèche dans le modèle économique de la facturation à la minute.

Vodaphone a présenté au salon Cebit de Hanovre un système d’appel sur téléphone portable fonctionnant par internet et basé lui aussi sur le logiciel Skype.

Pour le moment, l’opérateur anglais n’a pas encore décidé si cette application serait proposée à ses clients. C’est en effet une lourde décision à prendre car il cela ouvre la voie à la téléphonie illimitée à l’instar du modèle du fixe intégré dans les forfaits d’abonnement à Internet.

Cette initiative serait une véritable bombe dans le marché de la téléphonie mobile et entrainerait une destruction de valeur considérable chez les opérateurs.

Inévitablement, nous nous dirigeons vers ce modèle mais les opérateurs ne sont pas pressés de baisser leurs marges. Les intégrations verticales fixe-mobile-Internet ne sont pas encore toute réalisées et cela ne permet pas encore la convergence des offres.

Ten à fait un test en proposant l’accès Internet illimité mais en permettant d’utiliser cet accès pour faire de la voix sur IP. Voir notre interview du patron de Ten (ici)
En France, seul Orange pourrait proposer une offre quadruple play. Si la fusion entre Neuf Cegetel et SFR se réalise, un second acteur intégré émergera de cet ensemble. C’est d’ailleurs se qui fragilise actuellement Free et Bouygues Telecom (voir notre article : FAI : après une vente de Club Internet, une fusion SFR Neuf Cegetel est-elle possible ?).
et

Le test de Vodaphone va donc être suivi avec attention par les opérateurs européens qui ont toujours clamés que les investissements nécessaires au passage à l’UMTS ne permettaient pas de proposer des offres illimitées en voix sur IP.

Au-delà de l’illimité, l’offre de Vodaphone, appelée Starfish, permet à l’utilisateur d’un téléphone mobile de visualiser une liste de contacts issus de groupes de discussions ou de logiciels de communication internet, comme MSN, Yahoo, AOL ou Skype, de leur envoyer des messages et, bien sûr, de passer des appels téléphoniques. C’est donc à la fois un changement de modèle économique mais également une offre de services supplémentaires et une meilleure intégration avec les services Internet.

Le système utilise le réseau GSM pour se connecter à une borne et la communication transite ensuite par le réseau internet en lieu et place du réseau commuté traditionnel des opérateurs, même si le destinataire se trouve à l’autre bout du monde.

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Télévision et accès internet illimité gratuits sur mobile chez Ten

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Jeudi 8 mars 2007

La nouvelle société de Craig Mc Caw, Clearwire, dans laquelle Motorola et Intel ont déjà investi 900 millions de dollars s’introduit en bourse aujourd’hui sur le marché américain. La stratégie de Mc Caw est de positionner son entreprise sur la technologie Wimax comme offre alternative à la 3G.

Ce sujet fait débat chez tous les spécialistes dont certains considèrent que ce pourrait être une technologie disruptive qui viendrait télescoper les opérateurs mobiles classiques. D’autres, au contraire, considèrent que les coûts de déploiement seront les mêmes avec le Wimax et qu’il ne s’agit que d’une technologie de plus qui ne remet pas en cause la pertinence du HSDPA.

Le profil de Craig Mc Caw incite néanmoins à suivre avec attention ces débats car le milliardaire américain est l’un des pionniers de la téléphonie mobile avec Mc Caw Cellular revendue à ATT en 1993 pour 11,5 milliards de dollars.

Pour le moment Clearwire n’est pas profitable car en 2006 elle a annoncé 100 millions de dollars de revenus pour 284 millions de dollars de pertes. Les pertes cumulées représentent déjà 460 millions de dollars. A ce stade de développement c’est assez compréhensible puisqu’il faut déployer un réseau. L’investissement prévu est d’ailleurs de 4 milliards de dollars d’ici 2013.

Clearwire a donc besoin de près de 800 millions de dollars sur 2007 et son introduction en bourse devrait lui permettre de récupérer environ 500 millions. Cela reste, néanmoins, un investissement très spéculatif car si l’entreprise rate une levée de fond, elle sera rapidement en faillite et pourrait être rachetée par un autre opérateur à bon compte. Il convient également de se souvenir du consortium Télédesic autour d’un réseau de satellites de télécommunication qui a été abandonné sans qu’un seul satellite n’ait été lancé. Mc Caw avait réussi à réunir plus d’un milliard de dollars avec de prestigieux investisseurs, dont Microsoft, qui a été engloutis en pure perte. L’objectif initial était de déployer un réseau de 840 satellites (un chiffre astronomique compte tenu des capacités des lanceurs) et qui a été redimensionné à 288 suite à l’arrivée en 1998 de Motorola, Boeing et Matra Marconi. Il convient de noter que les projets concurrents comme Irridium ou GlobalStar n’ont pas eu non plus de suites.

Après cette introduction, Intel et Mc Caw détiendront encore 77% du capital de l’entreprise et l’on sait que le fondeur californien mise beaucoup sur la technologie Wimax puisqu’il envisage de l’introduire dans ses composants Centrino dès 2008. Avec le Wimax en standard dans les portables Intel, il y aura clairement un avantage face à la difficulté de trouver des matériels de connexion 3G.

L’issue de cette aventure reste néanmoins incertaine car Clearwire n’a pas encore commencé à déployer de réseau Wimax Mobile et les services proposés sont donc exclusivement de l’accès Internet nomade. Les analystes prédisent un marché limité à 4 millions d’utilisateurs d’ici 2010 ce qui est très insuffisant pour rentabiliser les investissements.

L’autre marché du Wimax concerne les clients « isolés » qui ne peuvent disposer d’un accès à des réseaux fixes hauts débits (DSL, fibre…) mais la taille restreinte de ce marché ne permettra pas non plus de rentabiliser 4 milliards de dollars. D’autant que sur les 100 millions de dollars de revenus en 2006, 30% viennent de la vente d’équipements Wimax et que cette activité a été revendue à Motorola.

Il semble, néanmoins, que d’après les analystes de Wall Street la demande soit très forte. Certains d’entre eux pronostiquent déjà un rachat de Clearwire par un opérateur mobile comme Sprint qui investi également dans le Wimax en complément de ses offres « classiques » et qui pourrait récupérer ainsi des licences et une expertise dans le déploiement d’un réseau fixe.

L’intérêt de l’introduction en bourse c’est que cela permet de donner un prix de marché à l’entreprise.

Ce type de réflexions pourrait donner des idées en France où les rumeurs autour de Free vont bon train.

Derrière ces stratégies financières se profile également une guerre industrielle entre les leaders de la téléphonie mobile « classique » autour de la 3G comme Nokia et Alcatel et de l’autre des outsiders comme Motorola ou Intel qui aimeraient bien profiter du Wimax pour reprendre les premières places.

C’est également une guerre économique entre l’Europe et les Etats-Unis car le GSM et ses évolutions 3 et 4G sont des technologies européennes alors que le Wimax vient plutôt des USA. Comme l’issue de cette bataille est incertaine, la plupart des constructeurs à l’instar d’Alcatel, investissent dans la fabrication d’équipements autour des deux normes.

Ce sera également en France un vrai sujet de compétition entre les titulaires de licences 3G (Orange, SFR et Bouygues) et les titulaires de licences Wimax.

Sur ce point le lobbying des opérateurs mobiles « classiques » a joué à plein car lors de l’attribution des ces licences Wimax, il a été décidé de morceler le territoire français en de nombreuses zones afin d’éviter qu’un opérateur puisse proposer une offre sur tout le territoire. Seul Free qui a racheté Altitude Telecom dispose d’une licence nationale. Néanmoins ces licences ont été attribuées pour un usage nomade qui interdit le handover, c’est-à-dire le saut automatique entre les cellules du réseau.

En clair cela signifie qu’il sera impossible de téléphoner sans coupure. Ce n’est pas un problème technique mais bel et bien une limitation juridique qui favorise les opérateurs classiques et pourrait redonner de l’appétence à la 4ème licence mobile.

Pour ma part, dans les conditions actuelles d’attribution, je ne crois pas qu’il y aura des candidats. Même si Noos et Free ont déclaré être intéressés, je doute que Noos en ait les moyens et que Free soit intéressé par autre chose que l’extension de sa licence Wimax en mobile.

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Samedi 27 janvier 2007

Apple envisage de distribuer, via sa plateforme de VOD, des films 3 mois après la sortie en salle sans tenir compte des règles de la chronologie des médias (salles, DVD, VOD, chaînes premium etc…). Si cela se produit, ce que nous prédisons depuis plus de deux ans, ce sera un véritable séisme, mais au combien prévisible, qui va déferler sur cette industrie.

En effet, au delà des problèmes de revenus pour les producteurs de films, c’est également un souci pour toute la chaîne de valeur des distributeurs aux chaînes de télévisions payantes et gratuites.

Démonstration

Que ce soit sur Canal +, TF1 ou M6, les séries étrangères, essentiellement US, sont préposées bien après la diffusion dans le pays d’origine. C’est ainsi que nous sommes souvent en retard d’une ou plusieurs saisons par rapport aux Etats-Unis mais également du Canada. Ce n’est pas anodin car les tarifs d’achat de droits de diffusion dépendent en partie de ce décalage. C’est également pour les chaînes le moyen de minimiser les risques en prenant les séries à succès qui fond de l’audience dans le pays d’origine.

Cela concours largement au téléchargement illégal car ces séries sont souvent disponibles en VF en avance de plusieurs mois par rapport à la diffusion télé ou la vente des DVD. Lors du Forum des Opérateurs 2006 (articles ici et ici) Michael Boukobza (DG de Free) avait d’ailleurs dit que les ayants droits se rendaient complices du téléchargement  illégal en ne proposant pas de solution légale à la VOD.

Pour l’instant comme le peer to peer, en pourcentage de la consommation, reste assez faible, cela perturbe mais n’a pas encore mis à mal tout le système. Steve Jobs qui se projette plus avant, avait déjà annoncé qu’il envisageait de proposer des services plus en rapport avec la nouvelle économie numérique et les habitudes des consommateurs en terme de contenus dématérialisées.

Un risque pour la production française ?

La disponibilité des contenus audiovisuels, films et séries américaines 3 mois après la sortie aux Etats-Unis va également avoir un impact sur la production française. Cela fait de nombreux mois que les rédacteurs de YouVox Tech mettent en garde contre les risques de marginalisation des œuvres francophones liés au financement et surtout à l’amortissement sur un marché international.

En effet si l’on trouve facilement et à faible coûts des contenus internationaux sur Itune, quelle sera la place et les tarifs des œuvres françaises, peu internationalisées et donc non amortissables sur un marché mondial. Si produire un épisode d’une série française coute peut être moins cher qu’un épisode de Lost ou de 24h le rapport n’est pas de 1 à 10.

Ore, les séries US sont commercialisées dans de nombreux pays et les revenus générés sont considérables. Aujourd’hui le quota d’œuvres et la chronologie des médias protégeaient la production hexagonale. Qu’en sera-t-il dans un marché ouvert avec des serveurs installés au Luxembourg qui pourront distribuer leurs contenus en faisant fi des règles françaises ?

Une prédiction qui se réalise

Il y a un an, j’avais parié une caisse de Château Chasse Spleen avec un dirigeant d’une grande chaîne de télé française que la chronologie des médias disparaitrait avant cinq soit en 2011. Nous avions, à sa demande, repoussé à 10 ans soit en 2016. C’est d’ailleurs ce qui m’avait inspiré pour écrire cette nouvelle de fiction (Imaginons nous en 2016). Il semble que mon pari soit bientôt gagné ou en passe de l’être bien avant les délais impartis.

Il ne faut pas nécessairement s’en réjouir

Si cette nouvelle peut ravir les consommateurs il convient d’être prudent sur la suite de ce type d’initiative car si nous avons toujours soutenu que l’industrie des contenus musicaux et audiovisuels devait faire sa révolution il convient d’apprécier les impacts de ces bouleversements.

Il faut surtout laisser un peu de temps à ces acteurs des contenus de muter en douceur. Malheureusement les tergiversations de ces industries à vouloir protéger un modèle dépassé et les mesures politiques inadaptées (loi DADVSI, taxe COSIP…) n’ont pas motivé cette profession à évoluer la confortant derrière un discours protectionniste stupide et inefficace.

Maintenant le temps est compté. C’est un peu comme le réchauffement climatique. Au début on n’y croit pas puis on commence à y croire mais on ne fait rien. Si nous attendons trop, la nature nous imposera son rythme et là nous ne seront plus maître de notre destin.

Les industries des contenus sont prises dans une sorte d’emballement technologique associé à la mondialisation qui rend caduque les modèles actuels. S’ils ne prennent pas en main leur destin en accélérant la mutation afin de d’adapter à leur écosystème, ils disparaitront.

L’industrie américaine réagit

Les Majors américaines l’ont bien compris en combattant d’un coté le téléchargement illégal mais surtout en investissant massivement sur Internet.

Tous les médias sont concernés. La presse américaine est également en crise (ici) et se recentre sur Internet, Lagardère Media vient d’annoncer un plan bien tardif mais au combien révélateur des perspectives de cette industrie (ici). Les producteur d’Hollywood investissent les sites Internet avec l’objectifs de créer des marques de distribution en ligne à l’échelle mondiale. Que font les producteurs français et nos grands médias ? La loi française ne vous protégera pas. Il faut faire évoluer votre modèle.

Il y a maintenant urgence car si Apple respecte encore un délai de 3 mois entre la diffusion en salle aux Etats Unis ou en télévision cette barrière sera également levée dans un futur proche. Les Majors américaines, dans la production de séries, commencent déjà à diffuser en temps réel sur Internet et sur leurs réseaux hertziens afin de contrer les réseaux peer to peer qui mettent à disposition des épisodes moins d’une heure après la diffusion « on air » (ici et ici). Cela permet à des habitants de la côte ouest des US de regarder leurs séries cultes avant la diffusion télé (3 heures de décalage avec la côte est). Steve Jobs l’a bien compris il faut que cette industrie s’adapte aux technologies car il n’est pas possible de protéger convenablement le circuit de distribution actuelle. Les DRM sont régulièrement piratées et les consortiums HD DVD et Blu-Ray ont tous les deux reconnu récemment que leurs algorithmes de protection avaient été contournés par des pirates (ici et ici). Bill Gates lui-même l’a reconnu il y a quelques semaines.

Steve Jobs en tant que premier actionnaire individuel de Disney pèse de tout son poids auprès de ce groupe de médias pour accélérer la mutation. Cette porte ouverte à certains contenus ne permettra pas aux autres entreprises de rester à l’écart et tous devront suivre. Je vous invite à lire ou à relire cette nouvelle de fiction « Imaginons nous en 2016 » afin de mieux percevoir quel pourrait être notre futur proche et la révolution en cours.

L’industrie des contenus a connu un âge d’or avec une monétisation considérable de ses produits et la starisation d’artistes rendue possible par un contrôle absolu et monopolistique de toute la chaîne de valeur. Cette période est révolue et les artistes vont émerger en plus grands nombres, promus par les réseaux sociaux mais les revenus individuels seront moins importants. Les coûts de production mais également les profits générés seront également moins importants et toute l’industrie devra s’habituer à un modèle plus économe. Les labels indépendants l’ont compris avant les majors en se regroupant dans Merlin (ici)

Nous allons donc suivre avec un vif intérêt le projet Joost initié par les créateurs de Kazaa et de Skype car il semble naturellement que ces précurseurs du peer to peer aient une vision claire de la mutation en cours et que Joost soit parfaitement en phase avec celle-ci.

Nous sommes donc dans une période transitoire où les acteurs existants vont devoir cohabiter avec de nouveaux entrants et avec beaucoup d’expériences nouvelles pour trouver de nouveaux modèles. Il y a déjà des expériences qui semblent réussir comme celle de CBS avec YouTube (ici) et d’autres qui échouent comme SpiralFrog qui a fermé et ôte une belle épine du pied à Universal Music*.

Il est urgent que nos politiques et l’industrie française des contenus se réunissent afin de préparer le futur avec un regard pragmatique et non partisan. I

Qu’en pensez-vous ?

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* Pour mémoire, SpiralFrog avait réussi à négocier l’accès au catalogue d’Universal financé par la publicité sur son site. La Major devait visiblement souhaiter revenir sur son accord et l’arrêt de SpiralFrog doit la soulager d’un gros poids.

Jeudi 25 janvier 2007

Arnaud Lagardère vient d’annoncer un recentrage des activités médias vers les médias électroniques. Il s’agirait en l’espèce plutôt d’un changement de direction car si le groupe a été un précurseur avec Club Internet, il n’a pas tiré beaucoup de profits de cette situation.

L’arrivée de Didier Quillot, venant d’Orange, semble accélérer cette mutation et au-delà des discours, une vrai prise de conscience du retard et des efforts à faire. Le groupe à annoncé il y a quelques semaines le rachat de Newsweb (Sports.fr, Sport4fun.com, Football.fr, trois sites sportifs, Autonews.fr, un site automobile et Boursier.com, un site financier) et de Sportfive, spécialisée dans la gestion des droits marketing et télévisés de sport, ce qui devrait nous donner une belle position dans le monde du sport.

Parallèlement la division presse annonce des restructurations, des fermetures de magazines et des suppressions d’emplois.

L’objectif est de fusionner totalement les deux divisions, presse et active, afin de répondre aux enjeux de l’Internet.

Cela va se traduire par la création de portefeuilles de contenus multi supports et d’une fusion des régies Interdeco et Lagardère Active. L’analyse du groupe, menée par Didier Quillot et ses nouvelles équipes, met en évidence un besoin de rationalisation des activités et une meilleure rentabilité.

Le groupe devrait donc se séparer des ses agences photos et de son pôle presse quotidienne régionale (Nice Matin et Provence). Le cap sur le numérique est clairement affiché avec la volonté de réaliser 5 à 10% des revenus dans l’Internet.

Entre 5 et 10 c’est une fourchette large !

Cela va s’accompagner d’une réduction d’effectifs de 7 à 10% en fonction des pays. En France le pôle représente environ 3500 personnes. Pas plus de détails pour le moment.

S’agit-il d’un cas isolé ou d’un malaise plus profond de la presse magazine papier ?

Bien que numéro un mondial en nombre de titres, avec environs 260 titres, le groupe, en France, a laissé se constituer dans les années 90 Prisma Presse. C’est d’autant plus paradoxal que la filiale de Gruner & jahr alors dirigée par Axel Ganz est partie de zéro.

Il y a eu à l’évidence un manque de créativité dont ont profité ses concurrents comme Emap.

Si à l’international le groupe a maintenu de bonnes positions c’est plutôt par la déclinaison de marques comme Elle que Hachette Presse s’est développé.

Il n’y a donc pas que des problèmes liés au transfert d’audience vers Internet mais bel et bien une absence de stratégie de croissance active de l’équipe dirigeante avant l’arrivée de Didier Quillot.

Etat du marché magazine français

La France est le pays où il y a le plus de magazines par habitant. Cela représente plus de 2 milliards d’exemplaires annuellement et environ 100 magazines achetés par an et par personne. Le secteur a connu une croissance continue jusqu’à 2005 mais la généralisation d’Internet, avec plus d’un foyer sur deux équipé d’un micro-ordinateur, marque le début d’une possible décroissance.

La création de nouveaux titres a été particulièrement importante à la fin des années 90 avec plus de 400 titres nouveaux en 5 ans. Le nombre de titres étant d’environ 2500 aujourd’hui pour 30 000 points de ventes. La part de marché publicitaire des magazines est d’environ 15% à comparer à la télévision de 38%, la radio 9% et Internet 2%. Le reste se répartissant entre la presse quotidienne, les gratuits, la presse professionnelle et le cinéma.

Les risques à l’horizon pour la presse

La presse est néanmoins confrontée à deux facteurs concomitants : la fragmentation des audiences, avec le développement des chaînes thématiques et des contenus sur Internet d’une part, et la concentration des annonceurs due à la mondialisation d’autre part.

Cela fragilise naturellement la presse magazine dont beaucoup de spécialistes s’accordent à dire que les investissements publicitaires sont surpondérés par rapport à Internet. La multiplication des supports et des contenus sur Internet modifient la part de marché de la presse magazine. En 1995 les magazines, en France, représentaient 22,5% du marché publicitaire ce n’était plus que 18,8% en 2005. A comparer à une part de marché de 11,4 % aux Etats-Unis. Même si il n’y a pas nécessairement corrélation entre les deux pays il convent de surveiller attentivement tous signaux faibles qui pourraient sous entendre une tendance à la baisse en France.

L’évolution des modèles économiques

A ces facteurs prévisibles s’ajoutent, depuis peu, l’émergence des blogs et des contenus générés par les utilisateurs. Si ces espaces d’expression ne sont pas monétisés et ne concurrencent, pas encore, les magazines sur ce terrain, ils participent à l’émiettement de l’audience et donc à terme cela agira sur les revenus.

La plupart des groupes de presse ont donc tenté de migrer une partie de leurs contenus sur Internet. Sur ce terrain les magazines français sont très en retard. Le souci c’est que l’équation économique n’est pas la même avec des revenus qui sont très inférieurs à ceux du papier il est impossible de calquer l’organisation d’un magazine et de le transposer sur Internet.

C’est la principale difficulté à laquelle sont confrontés les éditeurs de presse face aux nouveaux entrants qui adoptent dès le départ une structure low cost. Partir avec une marque existante n’est donc pas toujours un atout dans ce secteur.

L’émergence de médias participatifs, dont YouVox est une illustration, dans le secteur des magazines va accroître encore la fragilité des titres « pure paper ». C’est certainement dans cet esprit que Lagardère à racheté Newsweb pour fédérer sous une marque commune des contenus issus de plusieurs titres papier afin de créer sur Internet des Univers par centres d’intérêts et/ou par tranches d’âges.

Le vrai pari va être de réussir à adopter une structure de coûts en relation avec les revenus générés par internet aujourd’hui. Il n’est pas sûr que des équipes habituées aux salaires et aux avantages des médias traditionnels soient naturellement d’accord pour adopter les modes de rémunération en vigueur sur Internet. Ce ne peut être qu’une mutation sur une période assez longue mais est-ce que le marché laissera le temps à Lagardère de s’adapter alors qu’il aurait fallu le faire dès les années 2000 ?

Et vous qu’en pensez vous ?

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Jeudi 25 janvier 2007

La filiale de News Corp  productrice de nombreuses séries à succès vient d’entamer une procédure juridique envers YouTube afin d’obtenir les informations relative au compte d’un Internaute qui a mis en ligne des épisodes récents des série 24 H et les Simpsons.

Le système judiciaire américain dispose d’un mécanisme spécial qui devrait permettre à la Major d’obtenir gain de cause. Il lui suffit de démontrer que la mise en ligne de ces épisodes nuit à son activité et qu’elle n’a pas pu avoir les coordonnées par ses propres moyens.

La difficulté viendra du fait que les épisodes incriminés ont été effacés du site de partage ainsi que le compte au pseudonyme « ECOtotal ».

YouTube a déjà été confronté à ce problème avec la Paramount qui avait détecté une copie du film Twin Towers.

Il s’agit d’un phénomène très difficile à contrer et il est vraisemblable que malgré la vigilance des Majors et le développement de DRM, ce soit une tendance inéluctable.

L’économie de cette industrie devra s’adapter comme celle de la musique à l’invasion de l’Internet dans son modèle économique. Les revenus ne seront certainement plus amortissables avec une chronologie des médias parfaitement contrôlée mais sur une durée de temps très courte et sur toute la planete.

Cela a évidemment un impact considérable sur la production car il faudra penser le modèle sur de plus larges bassins géographique avec de la diffusion simultanée. Il est d’ailleurs curieux que ce soit les Majors US qui soient les plus virulentes sur ce sujet alors que ce sont les mieux placées pour affronter la concurrence. Il sera très difficile aux productions locales (françaises par exemple) de concevoir des contenus à vocation internationale. Hors sans chronologie des médias l’amortissement sera plus dur surtout si l’audience des grandes chaînes s’émiette avec la montée en puissance des chaînes thématiques et de l’Internet.

Fox Atomic, l’autre filiale de New Corp a déjà pris le virage en positionnant cette marque sur l’accès aux contenus audiovisuels sur Internet.

Certains producteurs comme Clickstar ont déjà annoncé la sortie simultanée de films en salles et sur Internet.

Comme l’économie de la musique qui devra s’appuyer des événements comme les concerts, l’économie de l’image devra compter sur le temps réel à l’échelle de la planète.

Que dire de la taxe COSIP visant à imposer les FAI pour stimuler la production française et pour laquelle Free vient de publier un communiqué de presse. Il semble que nos dirigeant n’aient pas pris la mesure de l’Internet e qu’ils soient par contre très sensibles aux lobbys de l’industrie des contenus.

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