TV 2.0, Vidéo 2.0 ou Bulle 2.0 ? Vous l’aurez remarqué, il souffle depuis quelques mois un vent de folie sur le secteur de la vidéo communautaire, sous le double effet de l’accroissement des usages haut débit et des valorisations financières des plateformes communautaires.
idèle à sa vocation d’agitateur d’idées, l’Electronic Business Group ne pouvait rester indifférent à ce tumulte. L’EBG a réussi ce jeudi à réunir autour d’une même table les patrons de WAT (We Are Talent, site UGC de TF1), DailyMotion (qui héberge un million de contenus vidéo gratuits), Skyrock (et ses 6 millions de Skyblog), M6 Web (et son service de partage de vidéos Wideo fourni par Kewego) et Parship, à l’Université de Paris Dauphine. Le point commun entre toutes ces sociétés : elles évoluent dans la sphère des sites communautaires, même si Parship positionné sur la rencontre en ligne payante sort du spectre purement média.
Voyons donc au travers de ce débat, animé avec brio par Julien Pauchet, Manager Médias du cabinet Greenwich Consulting et ancien animateur radio sur Europe 2 et RTL 2, comment la nouvelle frontière des communautés en ligne et du contenu généré par les utilisateurs (UGC, User-generated content) se déplace autour des activités web des médias audiovisuels.
Honneur au pionnier des médias communautaires avec les radios libres et, de fait, pionnier aussi du Web 2.0 avec Skyblog. Pierre Bellanger, président et fondateur de Skyrock, oppose la logique de diffusion des médias broadcastés -comme
Du côté de M6, Xavier Marvaldi, le directeur des activités Internet et mobile, distingue 4 fonctionnalités du web communautaire : le conversationnel (chat) ; l’egocasting (blog) ; le réseau social (relation – rencontre) ; et l’UGC (contenu auto-produit). Selon lui, « M6 ne fait du Web 2.0 que lorsqu’il est rentable. Ce que j‘ appelle le Web 2.1 ». En référence à son site de partage de vidéos, Widéo, il explique que l’internet permet de créer un continuum entre les amateurs et les professionnels. Dans les plateformes UGC apparaissent des contenus OVNI qui ne sont pas diffusables en télé mais qui sont très créatifs. Widéo a par ailleurs vocation à accompagner d’autres marques fortes du groupe M6 en servant de plateforme d’hébergement autour d’émissions comme Turbo ou
Chez le grand concurrent, TF1, la plateforme WAT a été lancée au début de l’été sur la base de la technologie DailyMotion en marque blanche. Mais son directeur, Olivier Abecassis, que je devrais bientôt interviewer en vidéo pour évoquer les projets TV de WAT, explique que les photos et la musique publiées par les internautes sur le site bénéficient d’une audience équivalente à celle des vidéos. Le lancement de WAT répond à 3 objectifs de la chaîne privée : une demande forte d’annonceurs de la régie publicitaire de TF1 pour toucher les 12-24 ans ; faire de ce site un labo à contenu, avec pour mission d’inventer une rencontre entre contenus pro et UGC ; enfin, diversifier les produits du groupe TF1 au-delà de l’activité d’éditeur de chaînes. Olivier Abecassis précise que WAT ce n’est ni Vidéogag, ni le casting de
Le plus fréquenté des sites de partage vidéo francophones, l’indépendant DailyMotion, s’inscrit lui aussi dans cette épure. Même si son président et fondateur, Benjamin Bejbaum, reconnaît que pour des raisons réglementaires il est complexe en France de rémunérer les contributeurs. A ce jour, DailyMotion - qui vient de lever 7 millions d’euros auprès de fonds d’investissement – voit sa stratégie confortée par le rachat de YouTube par Google. Mais il admet ne pas avoir de modèle économique clair. DailyMotion a récemment embauché Sandra Albertolli, ex-directrice de la régie publicitaire Influence spécialisée dans les blogs, pour développer son chiffre d’affaires. Outre la publicité internet traditionnelle et les liens sponsorisés, DailyMotion table sur la monétisation d’espaces promotionnels dédiés à des marques ou à l’hébergement de vidéo-pull, des publicités virales très qualitatives que les internautes s’envoient par mail.
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Contrairement à Motorola qui investi largement dans la technologie WiMAX, notamment avec son investissement avec Intel dans Clearwire, technologie qui pourrait concurrencer les normes de haut-débit mobiles actuelles, Nokia vient seuleument d'annoncer son intérêt dans le développement des premiers mobiles WiMAX.
C’est toute l’ambigüité entre les différentes normes qui commence à susciter des interrogations. Le HSDPA commence tout juste à être disponible chez Orange et SFR que se pose déjà la question des normes 4G. Le HSDPA permet la compatibilité ascendante de la technologie UMTS actuelle et donc la mise à niveau progressive des réseaux. Mais les besoins en débits des utilisateurs habitués à Internet à plusieurs Mb/s rend nécessaire le passage rapide aux offres 4G en développement chez les constructeurs de mobiles et les opérateurs télécoms.
Et c'est là où le problème se pose car la norme 3G est déjà partagée en trois : UMTS en l'Europe, CDMA2000 aux Etats-Unis et TD-SCDMA en Chine, la norme 4G risque de na pas être non plus standardisée
En Asie, Samsung a annoncé avoir atteint des débits de 100 Mb/s, à comparer au 1,9 Mb/s du HSDPA aujourd’hui. Nokia a choisi une autre voie en convergeant vers les technologies Wimax avec une plateforme appelée « Flexi WiMAX Base Station ».
Nokia envisage donc de commercialiser ses premiers téléphones mobiles WiMAX dans le courant de l'année 2008. Avec le soutien de différents acteurs du monde de la téléphonie mobile et particulièrement d’Intel et Motorola, le WiMAX adaptée aux mobiles, et plus seulement « nomade » pourrait bien supplanter les technologies actuelles.
Rappelons qu’Intel envisage d’intégrer le Wimax dans ses composants Centrino nouvelle génération et que le fondeur a investi 900 millions de dollars avec Motorola dans l’opérateur Wimax Clearwire. Le ralliement de Nokia à cette norme pourrait bien accréditer la thèse que le WImax est bien une technologie disruptive qui pourrait menacer le modèle économique actuel des opérateurs.
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Les dirigeants de MySpace, filiale de News Corp, avaient déjà indiquée qu’ils envisageaient de bloquer les liens entre MySpace et Youtube.
Il convient de rappeler que plus de 16% du trafic de Youtube provient de MySpace. Il semble évident que cela va être très difficile après l’accord de 900 millions de dollars signé entre Google et MySpace en aout. Néanmoins cela pourrait être une stratégie pour négocier une extension de cet accord dans la sphère vidéo.
Il faut dire que c’est un espace stratégique pour le groupe News Corp et sa filiale Fox.
Si une alliance intervenait entre ces deux acteurs et notamment en intégrant les fonctions publicitaires de Google Video dans MySpace cela pourrait donner au tandem une force de frappe difficile à contrer tant pour les acteurs du web (Yahoo, Microsoft…) que des medias (Viacom, Liberty, AOL Time Warner…).
Nous avons tant émis d’hypothèses sur des fusions et rachats entre acteurs du même milieu que parfois on oublie la complémentarité. Un partage d’actifs pourrait être très intéressant en terme de valeur ajoutée. N’oublions pas que Rupert Murdoch n’est plus tout jeune et qu’il pourrait faire comme Ted Turner à une époque, c'est-à-dire fusionner sa compagnie avec une autre. Dans le rapport de force cela donne Google gagnant à 130 milliards de dollars de capitalisation contre 74 pour News Corp mais l’ensemble deviendrait un véritable géant du web/média. Ca rappelle la fusion AOL/Time Warner mais cette fois ci il y a une véritable valeur ajoutée et de vrais business models. Si un rapprochement se faisait, la concurrence serait loin derrière…
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Il est vraisemblable que l’acquisition de Facebook par Yahoo soit de nouveau à l’ordre du jour (ici). Reste que les conditions de négociation risquent d’être modifiées en faveur du vendeur car Facebook avait également entamé des discussions avec Microsoft et il y a fort à parier que l’opération « YouTube » inquiète très fortement MSN et Yahoo. Qui des deux entreprises mettra sur la table le plus gros chèque ?
Celui qui a le plus de moyen et le plus besoin de Facebook. Et à cette question, la réponse est : les deux. Car ni MSN ni Yahoo n’ont réussi réellement à percer dans l’espace communautaire face à YouTube et MySpace. Néanmoins la pression semble plus importante, à court terme sur Yahoo qui voit son cours de bourse au plus bas depuis 52 semaines. Je sais que pour certain ce n’est pas un indicateur mais c’est le carburant d’une entreprise cotée, et toute baisse de cours entraine des difficultés de croissance.
Les rumeurs les plus folles circulent d’ailleurs aujourd’hui, dont l’une peu crédible, à mon avis serait celle d’un rachat de Facebook par Google pour 2,3 milliards de dollars.
Yahoo était d’ailleurs en négociation avec YouTube mais visiblement n’a pas été assez réactif. Si Yahoo reste un site majeur de l’Internet, sa capacité financière « n’est que » de 4 milliards de dollars et sa capitalisation de 34 milliards face à Google 10 milliards de cash et 130 milliards de capitalisation. Le rapport de force est signification en faveur de Mountain View.
Sur le plan business, le trafic de Yahoo est de 400 millions de visiteurs par mois et reste un site majeur pour la publicité mais depuis quelques mois les initiatives de Viacom et surtout de MySpace ont entraîné des déplacements de budgets publicitaires en sa défaveur.
Coté Microsoft, le géant de Seattle vient de sortir son « YouTube like », Soapbox, la fréquentation reste à trouver et combler le retard avec YouTube (34 millions de visiteurs unique en aout 2006), surtout avec le renfort de Google, risque d’être très difficile. Il faut donc des relais de croissance à l’audience et qui mieux que Facebook peut les fournir ? Sur le plan site social, Microsoft n’a rien à comparer avec MySpace et Facebook et ce n’est pas la spinoff Wallop qui suffira à combler le retard (voir ici). L’acquisition devient presque nécessaire. Lors d’une conférence récente, Steve Ballmer a indiqué avoir une stratégie à très long terme contre Google. Même si on peut raisonnablement croire ces propos, la puissance de Google va rendre la compétition de plus en plus difficile. Même si pour mémoire, les deux entreprises affirmaient en ce début d’année ne pas être concurrentes (voir cette analyse). Microsoft est très impliquée dans le développement de services vidéo avec ses technologies de réseau (Whale Communication) et de medias center (fournies à Club Internet chez nous) et l’accord récent avec Blinkx (moteur de recherche et d’indexation de contenus vidéos – voir ici). Peut être est-ce par ce biais que Microsoft envisage de revenir en force ? Pour moi il s’agit néanmoins de deux approches radicalement différentes. L’une est basée sur la capacité de distribution de contenus par des technologies, l’autre est basée sur la captation de « clients » consommateurs/ producteurs. Il est très difficile de prévoir comment va évoluer le marché et quelle seront les attentes de consommateurs mais par expérience, celui qui possèdent les clients à toujours emporté le marché.
D’autres entreprises que Facebook sont bien sûr dans l’œil de MS et Yahoo et sans être exhaustif on peut citer Guba, Daily Motion, Vpod Tv ou le petit dernier des espace communautaire qui cartonne : Islandoo
Cela pourrait également relancer les rumeurs sur un rapprochement entre MSN et Yahoo, que personnellement je trouve réaliste car une fusion aurait du sens (ici et ici), j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, et la compétition entre eux deviendrait une alliance car Google vient de prouver qu’au-delà de sa créativité technologique il savait également jouer la stratégie financière et industrielle. Le cours de bourse de Google est monté après l’annonce du rachat et compense plus que largement le coût de l’acquisition.
Comment gagner plus en dépensant plus. Une équation que beaucoup de chefs d’entreprises aimeraient résoudre…
L’autre effet induit risque d’être la course au rachat d’entreprises concurrentes pour les restants comme Viacom. Cela peut faire le bonheur de quelques start up mais si l’acquisition est payée trop chère, cela ne fera qu’accroître le fossé avec Google. Car le prix d’une entreprise, je l’ai déjà précisé, ne peut pas être le même pour tous les acquéreurs. Cela dépend de votre métier de base et des apports du périmètre de l’acquisition. C’est clair que pour Google, YouTube est parfaitement complémentaire et que la synergie dégagée justifie ce prix, je ne suis pas sûr que pour d’autres la valeur ajoutée soit la même. Reconstruire une martingale gagnante pour les autres acteurs des médias et de l’Internet va être compliquée et des rapprochements eut être surprenant pourraient se faire. Inutile de redire que dans ce contexte, les acteurs nationaux sont de plus en plus fragilisés et que la constitution d’un grand groupe de communication français est plus que vital. Serait-ce rêver que d’imaginer des réunions d’actifs entre Vivendi, TF1 et Lagardère ? Il y a là motif à trouver des synergies et une vraie valeur ajoutée.
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l’information à la télévision se posent tous les mêmes questions à l’heure où leurs contenus deviennent disponibles sur
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Des réponses seront peut-être apportées lors de la prochaine session de NewsNext. En attendant, la première édition de cette conférence, organisée au Palais du Luxembourg ce vendredi par Alexandre Farro de So Pleased et le cabinet de conseil Headway International dirigé par Serge Schick et Arnaud Dupont, a eu le mérite de poser le débat.
Dans ce compte-rendu partiel et volontairement partial, j’insisterai sur les enjeux éditoriaux auxquels sont confrontés les grands médias ou diffuseurs de contenus cités plus haut. Pour bénéficier d’un point de vue complémentaire, je vous renvoie aux articles de mes camarades Jérôme Bouteiller sur Neteco et Joël Wirtzel dans Satellifax.
Il me semble intéressant de commencer par le journal de 20 heures des chaînes généralistes, sous un éclairage journalistique puis marketing.
Paul Nahon, directeur général adjoint en charge de l’information sur France 3, ancien producteur et co-présentateur du magazine « Envoyé spécial » avec Bernard Benyamin, estime que le service public doit se différencier sur le contenu de ses journaux. Dans un contexte d’accélération de l’information, de course au scoop et au direct, il souhaite plus de qualité, plus de distance et plus de vérification dans le traitement des infos. Il est rejoint sur ce point par Jean-Claude Dassier, ancien journaliste lui aussi et aujourd’hui directeur général de LCI. Selon lui, « l’heure est venue de prendre son temps. La lenteur est désormais une qualité dans les chaînes d’information permanente… sans pour autant roupiller ». Cette analyse éditoriale est corroborée par les analyses marketing.
Médéric Albouy, directeur adjoint des études à France Télévisions, explique que le citoyen consommateur d’info est face à une offre surabondante. « Le téléspectateur est déjà informé avant, le journal télévisé n’a donc plus besoin d’être exhaustif. (…) Sur un JT de 40 minutes, il y a un roulement des téléspectateurs. Les courbes d’audiences montrent par exemple que le sacro-saint 20H démarre plutôt à 20H10, juste après les Guignols de l’info sur Canal+ et le 6 Minutes de M6.(…) Les téléspectateurs sont généralement en attente des titres ou du dossier de la grand messe du soir. De plus en plus, le champ de l’info s’ouvre au péri-informatif avec des reportages people, culture ou science.(…) L’audience des JT de TF1 et France 2 s’est maintenue au fil des années, en dépit de la multiplication des moyens d’information, mais le public est plus exigeant sur la qualité ». Contrairement à ce que pense Loïc Le Meur, et comme j’ai déjà eu l’occasion de lui écrire, le 20H est un format pérenne et fédérateur sur les chaînes généralistes. Mais ce contenu est en train de s’affranchir du média TV. Le concept du 20H doit donc être décliné sur le web et le mobile.
Sous l’effet de la convergence, les grands médias anglo-saxons (je trouve les français à la traîne) ont annoncé des stratégies multi-plateformes ambitieuses. A l’initiative de son directeur général Mark Thompson,
Chez le concurrent direct, SkyNews, l’innovation est également au rendez-vous. Simon Buck, l’un des rédacteurs en chef de la chaîne info britannique de News Corp, a diffusé pour la première fois en public une démonstration vidéo des services interactifs sur lesquels travaille son groupe. Mélange de télévision, d’internet et de vidéo sur mobile, certaines applications font appel aux contributions directes des téléspectateurs en vidéo. Très impressionnant ! Selon une étude commanditée par SkyNews, plus de la moitié des individus sont près à abandonner leur téléviseur s’ils devaient choisir entre
Pour terminer sur les contributions des téléspectateurs à l’antenne, le « user-generated content » dont je parle régulièrement , je vous propose une interview vidéo de l’un des intervenants de cette conférence NewsNext. Il s’agit de Jean-Paul Billault, rédacteur en chef à l’agence de presse CAPA Télévision, dirigée par Hervé Chabalier. Cet été, Jean-Paul a vu arriver à lui des particuliers qui lui ont proposé des images vidéo inédites. Dans un cas, ce sont des vacanciers qui étaient au Liban lorsque le conflit avec Israël a éclaté. Avec leur caméscope, ils ont filmé de manière impromptue une famille du Hezbollah. Dans un autre, ce sont des jeunes de banlieue, à Clichy et Montfermeil, qui ont filmé sans tabou leur quotidien pendant plusieurs mois après les émeutes de novembre 2005. Des images qu’aucun journaliste professionnel n’aurait pu réaliser. Certains de ces documents sont en cours de vérification et de production chez CAPA pour une diffusion d’ici la fin de l’année sur une chaîne de service public.
Jean-Paul Billault insiste sur le fait que ce contenu vidéo auto-produit n’est pas de l’information, mais du témoignage. Cela ne remet donc pas en question le modèle des chaînes de télévision. Ecoutez-le sur la réappropriation de la télévision par le public et la nécessaire éducation des jeunes aux médias, c’est passionnant !
Interview réalisée avec un vidéophone Nokia N90 (en attendant le N93 encore plus performant), format natif vidéo MPEG-4 de 352 x 288 pixels. Remerciements à Nokia France
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