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En réponse à l'article de Jean-Daniel TORDJMAN "Pour un réveil de l’Europe face à la Chine et aux Etats-Unis" sur Elenbi : http://www.elenbi.com/economie/archives/2005/10/pour_un_reveil.php
Je vous publie ma réflexion :
Il est soulevé dans cet article le principal défi que l’Europe doit relever dans les dix prochaines années. Dans la guerre économique que se livrent les états, l’Europe souffre d’un handicap majeur.
La Chine et les Etats-Unis et à moindre mesure l’Inde sont des Etats, l’Europe est une mosaïque de pays qui ont des visions, des histoires et des stratégies différentes. Plusieurs approches sont confrontées : faut-il considéré que la « guerre » est déjà perdu pour l’Europe en tant que puissance économique, politique et militaire et donc « s’affilier » aux Etats-Unis. Voie qui semble être celle de
la Grande Bretagne et de certains pays de l’Est. Faut-il essayer de conserver un leadership comme le voudrait
la France mais qui n’est pas capable de se réformer pour donner l’exemple et surtout de dégager des investissements de R&D nécessaire pour nous maintenir au niveau des meilleurs ? Toute la question de ce qu’est l’Europe intervient dans un tel débat.
Nous avons construit l’Europe sur une notion de libre espace commercial à une période où la compétition commerciale se faisait au niveau « régional » avec un objectif principal : la paix, après avoir subit deux guerres mondiales. Cet objectif humaniste est aujourd’hui confronté à la mondialisation et à une guerre économique au niveau mondial avec nos alliés et partenaires. Deux visions de l’Europe s’affrontent : élargir cet espace de paix et de stabilité économique (on ne sait pas jusqu’où) ou établir les bases d’une Europe fédérale plus restreinte, capable de développer une puissance économique, militaire et politique forte pour concurrencer les Etats-Unis et
la Chine. Même si je suis favorable à la seconde option je crains que l’absence de vrai leader politique en Europe et de volonté des peuples rendent impossible cette voie à court et moyen terme. Malheureusement nos gouvernants n’ont pas anticipés la mondialisation ni l’évolution des technologies et l’importance de la compétitivité. Ce que nous avons réalisé depuis plusieurs décennies avec l’Europe ne peut plus se répliquer aujourd’hui et il est à craindre que nous soyons en train de nous affaiblir.