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  Christian Jegourel

 

    

19 septembre 2007 3 19 /09 /septembre /2007 14:48

Cette fois-ci cela pourrait bien être le lancement à grande échelle du Wimax en France.

Cette technologie fait beaucoup parlée d’elle et à YouVox Tech nous avons toujours pensé qu’elle pourrait être une excellente technologie alternative à l’UMTS.

Il semble bien que l’avenir nous donne raison car si l’on écoute attentivement les propos de Stephane Couturier, le Wimax est supérieur à l’UMTS en terme de performances, tant dans les débits que dans la latence de communication.

Des tests ont déjà été réalisés dans la bande de fréquence 3.5 Ghz, celle attribuée en France, qui démontre que le Wimax offre une meilleure qualité de service que la 3G. Cette technologie serait même supérieure en capacité spectrale, c’est-à-dire qu’elle permet une meilleure qualité de service par nombre d’utilisateurs.

Mais revenons sur les usages.

Le Wimax peut il devenir la norme 4G ?

Il est encore trop tôt pour le dire mais cela semble bien parti depuis qu’en juin dernier, l’organisme officiel de normalisation a retenu le Wimax comme technologie candidate. C’est-à-dire susceptible de concourir au statut de norme 4G. « Le Wimax en passe de devenir le standard de la 4G ? »

Donc techniquement c’est au point et la normalisation est possible.

Une technologie mature ?

Pas plus que l’UMTS mais Samsung, et d’autres équipementiers comme Motorola et Nokia, sont en train de déployer le vaste réseau de Sprint aux Etats-Unis et cela fonctionne depuis un an en Corée du Sud.

Pour mémoire, Sprint est le second opérateur mobile américain derrière Verizon et utilise, comme le numéro 1, un réseau CDMA qui est à bout de souffle.

Le choix de Sprint, comme de Clearwire, un concurrent devenu partenaire, c’est porté sur le Wimax comme technologie pour son futur réseau 4G. Sprint envisage d’investir 3 à 5 milliards de dollars dans le déploiement du Wimax 2,5 Ghz aux US et cela va considérablement accroître la capacité de production de tous les composants.

En Corée du Sud, Samsung dispose déjà d’un client (KDT) qui a déployé une variante du Wimax, le Wibro, dans la bande de fréquence de 2,3 Ghz. Le retour de satisfaction semble excellent et a permit de valider la capacité industrielle en exploitation du Wimax.

Samsung a remporté l’appel d’offre de Sprint pour les villes de Washington et New York et le déploiement est en cours. Sprint vise l’achat de 30000 BTS pour couvrir les zones habitables américaines.

Nokia et Motorola ont également été retenus pour équiper d’autres villes importantes.

D’après Samsung, le groupe coréen dispose d’une avance technologique à deux niveaux : dans la stabilité de ses logiciels et dans sa capacité à produire des terminaux bi-modes CDMA/Wimax ou GSM/Wimax.

Stephane Couturier estime que les équipementiers qui ne sont pas présents dans l’appel d’offre de Sprint auront de grosses difficultés à revenir sur le marché en l’absence de contrats de même taille. Donc pour Alcatel Lucent, il y a intérêt à remporter des contrats en Europe. Pour Ericsson qui n’a pas d’offre Wimax, les affaires risque de se gâter.

La situation en France

Le seul test officiel de Samsung est avec Bolloré qui est l’un des détenteurs de licences Wimax.

Samsung a installé 2 stations (BTS ou baystation), une dans la tour Bolloré, l’autre chez Havas. Les essais ont démontré que le Wimax, dans cette bande de fréquence de 3,5 Ghz, offrait une couverture équivalente à celle de l’UMTS.

C’est plutôt une bonne nouvelle pour les détenteurs de licences, un peu moins pour les autres.

Plus important, les performances enregistrées dans la transmission de données donnent le Wimax largement gagnant.

En voie montante (uplink) le Wimax est 3 à 4 fois plus rapide que l’HSDPA, en voie descendante (downlink) 5 à 6 plus rapide.

Mais c’est sur le terrain de la voix que l’on attend également le Wimax car la question de la voix sur IP (VOIP) agite tout le secteur. La réponse est claire : le Wimax est également supérieur à l’UMTS dans la latence de connexion. 60 millisecondes contre 100. Cela démontre que non seulement la voix sur IP est possible mais que le passage de cellule à cellule (le fameux handover) est parfaitement réalisable avec le Wimax dans la bande de fréquence des 3,5 Ghz.

Des tests ont d’ailleurs été réalisés en Pologne où la licence permet de faire du handover, ce qui n’est pas permit dans les licences françaises (à vérifier avec Free qui dispose de la seule licence nationale et qui est plus étendue que les autres licences attribuées en 2006).

Un essai a été réalisé entre la tour Bolloré de la Défense et la Tour Eiffel et les débits enregistrés sont 3 Mb en voie descendante et 1Mb en voie montante. Bien entendu en étant immobile puisque toutes les technologies mobiles sont dépendantes de la vitesse de déplacement.

Un test de VOIP a également été tenté depuis le bois de Boulogne, sans handover (c’est interdit), avec succès.

Photographie de la BTS installée sur la tour Bolloré

Combien cela couterait-il de déployer un réseau Wimax ?

Comme tous les réseaux de communication, le coût de déploiement est un frein évident au renouvellement des technologies ou à l’arrivée de nouveaux entrants. Un réseau UMTS national coûte environ 2,5 milliards d’euros et c’est pour cette raison que les candidats à la 4ème licence n’ont pas été nombreux.

Le coût d’un réseau dépend de plusieurs facteurs : l’accès aux points hauts, le coût unitaire de chacune des BTS et les coûts d’installation. Nous avons essayé d’estimer le coût de déploiement d’un réseau sur la région parisienne.

D’après Stephane Couturier il faudrait entre 500 et 1000 relais Wimax pour couvrir Paris intra muros, dépendant de la nature des services que l’on veut fournir.

En étendant à la région parisienne il faudrait compter 2000 BTS au total. Si l’on ajoute Nice, Marseille, Lyon, Bordeaux,Nantes et Lille il faudrait au total 5 à 6000 BTS pour couvrir 25% de la population. Cela représenterait, au coût unitaire de 35K€, un investissement d’un peu plus de 200 millions d’euros. Très inférieur au déploiement d’un réseau UMTS même s’il faut ajouter les coûts d’accès aux points hauts.

Clin d’œil

La 4ème licence mobile, dont Free est l’unique prétendant, stipule qu’un opérateur doit déployer 25% de la population pour avoir le droit d’exploiter sa licence et avoir accès au roaming avec les autres opérateurs. C’est-à-dire qu’il suffirait à Free de déployer 25% de la population, d’y ajouter des BTS Wimax et d’avoir accès à un réseau UMTS/Wimax. A méditer….

Si le Wimax devient la norme 4G quid des autres opérateurs ?

En effet, en France, les opérateurs 3G n’ont pas de licences Wimax au niveau national ou avec une couverture large comme celle de Bolloré. Il est donc impossible à Orange, SFR et Bouygues Telecom de déployer un réseau Wimax, concurrent de Free en 3,5 Ghz. Ces trois opérateurs disposent néanmoins de fréquences 900 Mhz et 1800 Mhz et Samsung nous confirme qu’il est parfaitement possible d’utiliser le Wimax dans cette bande de fréquence. Un test en 1800 Mhz est d’ailleurs en cours en Chine.

Tout n’est donc pas perdu et je vous invite à écouter attentivement l’interview de Stephane Couturier car elle donne beaucoup d’indications sur les projets et stratégie en cours même s’il faut lire entre les lignes. Mais dès que cela devient possible….

Les vidéos sont disponibles ici

Articles en relation :

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- Téléphonie : accord Samsung Nokia et portables Wimax pour début 2008

Photos de terminaux Wimax :

Le mini PC/téléphone communicant Anycall et une "box" Wimax en 3,5 Ghz adaptée aux licences françaises.

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Published by Edgeminded - dans Analyse-Stratégie
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commentaires

vyn 14/11/2007 23:41

BTS ça veut dire Base Transceiver Station.Et à propos des performances comparatives entre Wimax et HSDPA : "En voie montante (uplink) le Wimax est 3 à 4 fois plus rapide que l’HSDPA, en voie descendante (downlink) 5 à 6 plus rapide.", il me semble que c'est plus compliqué que ça. Deja le HSDPA c'est pour du traffic sur la voie descendante. Il existe une évolution pour la voie montante, le HSUPA qui offre de meilleurs débits. D'autre part, le débit HSDPA dépend aussi du mobile. Certains types de mobiles peuvent atteindre 10,8Mbps alors que d'autres seront limités à 1,2Mbps. D'autre part il faudrait comparer à conditions radio équivalentes, les perfs de chaque technologie, ce qui en général n'est jamais précisé dans les infos sur le wimax. Enfin il y'a toutes ses histoires de mobilités (handover) sur lesquelles il me semble que UMTS/HSxPA sont bien plus matures...

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