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  Christian Jegourel

 

    

27 septembre 2007 4 27 /09 /septembre /2007 13:39

La croissance de la valorisation potentielle de Facebook est impressionnante puisqu’il ya juste un an, Yahoo avait échoué dans le rachat de cette société alors valorisée potentiellement 1 milliard de dollars. Bon vous connaissez tous l’histoire du chien à un million de dollars donc la vraie question c’est de savoir si la valorisation de 10 milliards est justifiée.

Rappel des faits.

 

En 2006, Yahoo qui cherche à se développer dans les réseaux sociaux et contrer MySpace (racheté 580 millions par News Corp en 2005) propose au fondateur de Facebook un rachat à 900 millions de dollars. Marc Zuckerberg refuse de lâcher le contrôle de son entreprise pour moins de 1,5 milliards et l’affaire capote.

Microsoft tente sa chance à son tour et se fait éconduire. Le géant des logiciels serait revenu à la charge récemment pour 8 milliards de dollars mais le même Zuckerberg aurait de nouveau refusé. Le fondateur estime d’ailleurs sa société à 15 milliards de dollars. Cela ne va pas arranger les négociations avec Microsoft qui proposerait, d’après le Wall Street Journal, entre 300 et 500 millions pour prendre 5% du capital.

Alors pourquoi cet engouement pour Facebook ?

 

La première raison c’est que dans l’industrie internet mondialisée il ne peut en rester qu’un … ou deux. Et comme le leader actuel, MySpace, est à l’abri dans le groupe de Rupert Murdoch, il ne reste que Facebook comme réseau de cette taille et surtout de ce potentiel.

Ca c’est la seconde raison de cette valorisation que j’estime justifiée pour Microsoft qui n’a jamais vraiment réussi à contrer les pure players comme Yahoo, Google ou MySpace.

C’est qu’il n’est pas facile de sortir de son pré carré et Yahoo qui s’essaie avec Mash, un réseau social va s’en apercevoir car les débuts sont peu prometteurs et le service très moyen.

Google peine également à sortir de son métier d’origine et ses tentatives de croissance externe dans les réseaux et autres services en ligne sont fort couteux pour peu de résultats.

Microsoft a donc un réel intérêt stratégique à chercher à prendre le contrôle de Facebook, comme d’ailleurs tout autre acteur. Lors d’une discussion récente, un spécialiste des start up me disait même qu’il verrait bien France Telecom faire une proposition à 7 milliards ? Maintenant c’est déjà trop tard et Zuckerberg aurait certainement refusé.

La troisième raison c’est le potentiel de croissance de Facebook. La face émergée de l’iceberg c’est un réseau social qui permet aux internautes de partager leurs centres d’intérêts, leurs événements, leurs amis etc…

Dans les faits c’est un formidable outil de screening de consommateurs en ligne. Facebook a d’ailleurs, comme MySpace, annoncé une technologie d’analyse des informations contenues dans les profils des membres pour leurs proposer des publicités contextuelles.

Au-delà du simple affichage de bannières c’est également l’occasion de devenir un formidable outil de recommandation de produits et services basés sur un modèle de revenus sharing.

Là on dépasse le simple business de la publicité pour devenir un intermédiaire incontournable du commerce en ligne. Les recommandations à « la Amazon » à l’échelle de la planète et sur tous les contenus, produits et services.

Car ce qui est valable pour les produits, l’est aussi pour les contenus et Facebook pourrait bien devenir un méta média par affinité. De quoi donner des sueurs froides aux médias déjà en situation de fragilité.

La quatrième raison c’est la somme de tout ce qui vient d’être décrit. Si Facebook devient un intermédiaire de la plupart des usages sur internet, il devient également un meta système d’exploitation. Le matin je me connecterai directement sur Facebook qui me servira d’interface pour accéder à mes emails, à mon agenda (que je pourrai comparer avec les « amis » proches), aux news du jour sélectionnées par mes soins et par les membre du réseau ayant des préférences similaires au miennes etc.. Marc Zuckerberg avait d’ailleurs parlé de Facebook comme un système d’exploitation pendant l’été mais cela n’avait été clairement perçu comme tel.

Là nous sommes directement dans le cœur du métier de Microsoft qui voit déjà d’un mauvais œil les tentatives de Google d’investir ses lucratives activités de vente de licences Office.

Le système d’exploitation client serveur léger sera-t-il celui de Facebook ?

 

Je crois en tous les cas que c’est un candidat sérieux et que Facebook pourrait être le futur Google en termes de potentiel de croissance et de capitalisation. Si Microsoft entre dans son capital c’est à la fois dans un objectif offensif et défensif car Google est également sur les rangs mais cela pourrait s’avérer un excellent investissement financier.

Conclusion

 

Le niveau de valorisation de Facebook me semble très difficile à estimer mais les 15 milliards de dollars réclamés par Marc Zuckerberg ne me paraissent pas inconsidérés face à la perspective de croissance du service. Surtout entre les mains de Microsoft qui avait déjà un projet de site communautaire avec Wallop et qui n’a jamais vraiment donné de résultat malgré un spin off en 2006.

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Published by Edgeminded - dans Analyse-Stratégie
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commentaires

bernard 27/09/2007 19:40

" Le niveau de valorisation de Facebook me semble très difficile à estimer mais les 15 milliards de dollars réclamés par Marc Zuckerberg ne me paraissent pas inconsidérés face à la perspective de croissance du service. " = complètement ridicule cette synthèse : /

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