Partager l'article ! Google vs Microsoft : jouent-ils sur le même terrain ?: Malgré les dén& ...
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Malgré les dénégations de Bill Gates la semaine dernière indiquant que Google n’est pas un concurrent de Microsoft car leur cible est IBM, et celles d’Eric Schmidt, PDG de Google qui a indiqué que l'expansion de Google n'était pas dirigée contre Microsoft. ("Je pense qu'il y a de la place pour nous deux. Google se situe dans le secteur de l'information. Microsoft a une approche différente de la notre").
Je ne crois pas un mot de ces affirmations. Ils ne sont pas réellement concurrents en ce sens qu’ils ne cherchent pas à développer les mêmes produits ou services mais comme des équipes de rugby et de football sont différentes, lorsqu’elles jouent en même temps sur le même terrain il y a conflit.
Ils ont effectivement une approche différente et il serait très surprenant que Google cherche à développer un système d’exploitation ou des applicatifs de type Office mais la stratégie de Google et surtout l’évolution de l’Internet actuel vers l’ère de l’ubiquité des services et des contenus entre en conflit avec le développement de Microsoft. En effet si Google ne cherche pas à vendre du logiciel il cherche à fournir un service ASP qui couvrira la gamme Microsoft.
Ces deux acteurs viennent de deux mondes différents :
Microsoft vient du monde du logiciel et plus précisément du logiciel sur PC. Bill Gates a souvent anticipé les évolutions technologiques, souvenons nous de « information on the finger tips ». Cette perception aujourd’hui presque possible était bonne mais c’est le prisme par lequel cette perception a été traduite qui peut être différente.
Bill Gates a toujours cherché à intégrer les évolutions avec en arrière pensée le PC ou le terminal « intelligent ».
Cet angle de vision lui a déjà fait rater le démarrage d’Internet même si la puissance financière et industrielle lui a permis de combler cette erreur de perception (MS a tué Netscape, a lancé MSN …) mais fondamentalement la vision de Bill Gates passait par la domination de son système d’exploitation ou plus largement de briques logicielles sur différents terminaux (PC, mobile, console…) en jouant sur l’interopérabilité.
Google vient du monde du service : du moteur de recherche. Il positionne « l’intelligence » dans « le réseau », de manière répartie ou sur ses serveurs. L’avenir pour Google c’est que le PC soit remplacé par des terminaux légers (d’où certainement l’accord avec Sun autour de Java). C’était la vision de Scott Mc Nealy Président de Sun « computer is network » il y a déjà 20 ans. C’était une perspective pour le monde de l’entreprise mais cela pourrait s’appliquer prochainement au grand public.
Deux stratégies
Google vient d’annoncer Google Pack, je ne reviendrai pas sur ces services, somme toute peu innovants mais sur la raison de la mise en place de cette offre. Google vise à s’affranchir du PC, comme Yahoo d’ailleurs, et si on prend une analogie, se positionne comme guide TV, télécommande universelle et meta-régie publicitaire. En bref comme acteur incontournable à tous services en ligne multi terminaux. Il faut donc occuper le terrain avec le maximum de produits et services qui rendent presque incontournable Google.
Microsoft base une grande partie de sa stratégie future sur Vista et tous les OS multi plateformes : PC, téléphones portables, serveurs de vidéo, logiciels de set top box, console de jeux … Avec cette stratégie d’encerclement MS vise la convergence avec un outil unique : le sien. Il garde une carte : MSN on y reviendra.
Il est probable que l’ubiquité des services et des contenus valident la stratégie de Google mais cela peut prendre du temps et dans l’intervalle Microsoft conforte sa position avec les produits « traditionnels » et commence à se positionner avec Windows Live mise en place par le nouveau CTO (Ray Ozzie). Verra-t-on un OS et des applications Microsoft en mode ASP ? Je le pense. (ndl : c’est le concept X window qui revient)
Le même terrain de jeux ?
Comme on le voit leurs parcours sont différents, leurs stratégies également mais elles se télescopent.
Jusqu’ici les concurrents de Microsoft étaient de petites tailles et relativement facile à contrer. Google marie à la fois une stratégie d’innovation en ayant parfaitement anticipé ce que pourrait être l’avenir des services en ligne mais également une excellente stratégie financière qui lui permet de « peser » 140 Mds$ avec un objectif de 200 et lui permet d’investir en R&D, en partenariats, en rachat etc ….
Le seul point noir pour Google c’est le temps. Sa stratégie et ses moyens sont en phase mais pour réussir il ne faut pas que la machine se grippe. Viser l’ubiquité des services et des contenus passe par la convergence des technologies de communication voix, données, fixe, mobile…
Techniquement nous n’en sommes plus très loin mais encore faut-il que les infrastructures soient déployées et que les consommateurs suivent. En Europe la compétition entre les normes de l’Internet et de téléphonie mobile rend difficile la convergence. En France seul Free pourra, au niveau national dès 2007, rendre transparent l’accès avec sa licence wimax et faire du contenu mobile sur IP (voix données).
L’autre point difficile pour Google c’est que cette convergence pourrait ce faire dans un premier temps sous le contrôle des FAI qui ne souhaitent certainement pas que Google s’insèrent dans leur relation de transaction avec leurs clients (ex : Google video qui vient en concurrence des offre de VOD des FAI et surtout la nouvelle division Google Payment Corp : solution de paiement). Cette offre de Google ne vise qu’a commencer à transformer son modèle économique non captif par la mise ne place de relations client/facturation. Mais que font les banques ?
C’est certainement là qu’est la chance de Microsoft face à Google. Ses récents développements dans les serveurs vidéo (accord avec Club Internet chez nous) vise à conserver la maîtrise et à renforcer ses alliés de circonstance les FAI. Qui en effet sera mieux à même de fournir des services ASP au grand public (applicatifs, contenus, maintenance…) si le PC s’efface au profit de terminaux plus légers administrables à distance ?
Une opportunité pour les FAI ?
Les FAI ont une formidable opportunité de fournir des services étendus (fixes et nomades) au grand public au-delà du simple accès quadruple play. Pour cela il leur faut des logiciels qu’ils ne peuvent développer eux même. Microsoft s’en charge. Ils sont en bonne posture pour négocier avec MS, ce n’est pas si fréquent. Comme on le voit c’est un jeu à trois bandes. Un nouveau monopole ? Que fait la pomme ? Heureusement d’autres acteurs comme Cisco s’intéressent à ce marché.
La guerre économique ?
Au-delà de la simple compétition sur la stratégie, nous allons assister à une véritable guerre économique entre ces deux acteurs visant à maximiser ses profits et à torpiller ceux de l’autre. Il y a fort à parier que Google favorise l’éclosion d’applicatifs concurrents de Microsoft et que ce dernier lui face la guerre avec MSN search. A ce titre, la perte de l’accord AOL est une mauvaise nouvelle pour Microsoft.
Une fusion AOL avec MSN aurait permis à Microsoft de devenir un vrai leader dans le monde du portail multi services.
Pour AOL par contre la dépendance aurait pu être délicate. En terme financier on peut comprendre Carl Icann (premier actionnaire de Time Warner) qui souhaitait une fusion pour donner de la valeur à l’ensemble.
En terme de stratégie long terme et d’indépendance, la prise de participation de 5% dans le capital d’AOL par google laisse plus de marge de manœuvre à AOL. Mais c’est surtout un excellent back up pour Time Warner et pour ses contenus. Si nous raisonnons par ubiquité des services et des contenus (voire mes articles sur le téléchargement et sur les acteurs Internet), un fournisseur de contenus doit garder une marge de manœuvre dans la distribution. Comme la stratégie d’AOL a échoué comme FAI à cause de sa sous estimation du marché haut débit, il lui faut rester un des leaders du portail afin de garantir la diffusion de ses contenus.
Pour Google c’est tout bénéfice : 1 mds $ c’est peu face aux enjeux car le CA de google généré avec AOL est de 500 m$ qui aurait pu être remis en cause en cas de fusion avec MS. Et la conservation de son moteur comme moteur de recherche d’AOL est stratégique pour évoluer vers le multi services.
La migration des modèles économiques
Pour Microsoft migrer vers le service va être périlleux car cela peut entraîner une baisse temporaires de ses revenus. Son atout : son cash qui lui permettra de tenir le temps de la migration.
La vrai question c’est quand commencer la migration du modèle économique. D’après les différentes interview de Ballmer et Gates pendant le CES il semble que la migration commencera cette année. Mais dans quelle proportion ? Il est probable que MS innove également dans le moteur de recherche car c’est sur la technologie que se fera la compétition entre MS et Google (voire mon article « dans 10 ans »). Entre parenthèse c’est sur ce plan là que Yahoo est plus fragile et que pour le moment il est en retrait par rapport à MS et Google.
Le temps va être un facteur clé car de la vitesse de l’évolution du marché va être un élément majeur du succès de l’une ou l’autre des stratégies. Plus l’évolution sera rapide, plus Google sera avantagé, plus elle sera lente plus Microsoft pourra faire sa transition.
La capitalisation comme arme
Les capitalisations respectives vont également être déterminantes. Si la vente de licences diminue pour Microsoft ou si Vista n’est pas un succès rapide, la capitalisation de MS peut baisser de 20% dans les 2 ans. Cela sera un frein dans la compétition.
A l’opposé, l’action Google peut certainement grimper à 500 $ voire 600 comme le prédisent certains analystes (actuellement autour de 470$) et amener sa capitalisation à la moitié de celle de Microsoft. Mais si il y a le moindre retard dans la mise en place d’un de ses services, l’arrivée d’un nouveau moteur (Ask Jeeves ?) ou une offensive majeure de Yahoo qui est sur un modèle proche et on retourne à 250$. Une fusion Yahoo et MSN serait un superbe coup… Ils sont déjà alliés dans l’Open Content Alliance pour contrer Google Print …
A ce jeu là Microsoft a un avantage : le marché des entreprises qui peut continuer à générer de forts revenus. Google est plus exposé car il ne peut s’appuyer sur une rente de situation aussi importante et sa capitalisation est plus basée sur des perspectives que sur des fondamentaux. Et n’oublions pas l’initiative européenne, Quaero, visant à concurrencer Google (non je blague).
L’Internet en 2006 n’est plus un territoire vierge mais c’est devenu un enjeu industriel ou les grandes familles d’acteurs n’ont pas fini de s’affronter. Le jeu maintenant va être de deviner les futures alliances et acquisitions autour de ces deux acteurs majeurs.
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Ne pas oublier que, même si les 2 sont en chocs frontaux sur les logiciels et les moteurs de recherche, les marchés sont différents et la stratégie d'approche inversée :
* le marché de MS est d'abord Pro et se décline en grand public (pour renforcer les habitudes pro-perso).Le CA est grosso modo 1/3 windows, 1/3 office 1/3 serveurs voir il faudrait que je regarde la répartition des CA/marges entreprise/résidentiel)
* le marché de Google est celui de la pub. Il leur faut donc de l'audience tous azimuts qu'ils vont d'abord trouver dans le grand public pour aller éventuellement s'imposer ds l'entreprise. Pour vendre leur moteur de recherche ?Pas sûr.
Cela fait 20 ans que l'on annonce la mort du PC et il est toujours là. Les terminaux ne sont pas l'avenir de l'informatique mais l'antiquité : dans les années 50, on se connectait déjà aux gros systèmes par des terminaux; votre innovation c'est revenir à une informatique centralisée. Je ne vois pas les utilisateurs de PC échangé une machine intelligente contre un élément sans aucune capacité de calcul.
"network is computer" mais les netPC ne se sont jamais développés et aujourd'hui on utilise Windows avec une couche citrix. C'est plutôt la stratégie de SUN qui est à prendre en compte dans cette phrase et non celle de Microsoft. Il se trouve qu'aujourd'hui les outils Microsoft concurrence ceux de SUN et le combat devient de plus en plus frontal avec la montée en puissance de Windows Server et de SQL Server.
Microsoft est toujours l'acteur prépondérant de la micro et cette hégémonie va perdurer encore de longues années, il ne faut pas croire à l échec de Vista. La position dominante de Microsoft sur les OS empêche cela.
Vous ecriver "Bill Gates a souvent anticipé les évolutions technologiques".
J'aurais prefere "Bill Gates a rarement voire jamais anticipe les evolutions technologiques......."
Ci-dessous une liste non exhautive des principales evolution ou BG a pris le train en s'en inspirant fortement :(ou est l'innovation)
Toutes les declinaisons Microsoft s'inspire fortement de produits apparu sur le marche avant les leurs et j'en veux pour preuve
Mac --> Windows
Netscape --> Internet Explorer
Real Player --> Windows Media Player
Palm Pilot ---> Windows Pocket
Synbian (OS Telephone portable)--> Windows Mobile
Ipod-->
Playstation/ Nitento ---> Xbox
Je prefere laisser de cote les applicatifs professionnels car la encore Microsoft est loin derriere en terme d'innovation. BG est le meiileur Marketeux du monde mais en terme de prospective il y a de gros progres encore a faire.
Vous ecrivez : "la compétition entre les normes de l’Internet et de téléphonie mobile rend difficile la convergence"
Faux
Il n'y a aucune competition entre les normes de l'internet et de la telephonie mobile. Des la release 5 les reseaux 3G UMTS seront tout IP. Ceci est prevu depuis les debuts de la normalisatin de la norme 3G (telephonie mobile) . Des 1998 la convergence Mobile Internet avait ete integre.
http://pctooltips.fr/news/index.php/2007/06/26/14-google-vs-microsoft
C'est une vraie guerre economique que se livrent les deux géants et ce n'est pas prêt de s'arreter !