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  Christian Jegourel

 

    

3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 15:25

Pour Bouygues Telecom, l’année 2008 sera l’année des grosses décisions stratégiques. Le groupe a jusqu’ici évité ce type de décision à l’exception notable et justifiée de son refus d’investir dans une licence UMTS au pus fort des spéculations.

Depuis, le soufflet est retombé et le prix de la licence 3G avait été ramené à 619 millions d’euros, compatible avec les finances de l’opérateur et la gestion prudente de Martin Bouygues.

Sur ce plan on pourrait comparer Bouygues Telecom et Free qui sont pilotées, toutes deux, par des actionnaires soucieux de leur bonne rentabilité et qui ne se lancent pas dans des investissements hasardeux ou des stratégies risquées. Le problème c’est qu’à force de ne pas prendre de décision, le marché avance sans vous.

C’est ce qui menace Bouygues Telecom qui n’a pas assez vite investi dans l’accès internet pour compléter son offre mobile.

Il faut rappeler que la filiale Telecom de Bouygues est en vente, officieusement, depuis au moins deux ans et que Martin Bouygues en veut au alentour de 10 milliards d’euros. Cela ne facilite par la reprise…

Donc dans l’incertitude de savoir quel serait ses actionnaires et son périmètre, l’opérateur a laissé passer plusieurs opérations qui auraient pu lui permettre de mieux se positionner dans les offres quadruples play. Car la concurrence va bien se placer sur ce terrain comme nous l’avons vu dans l’article d’introduction de ce dossier (Free, Numéricâble, Bouygues Telecom : 2008 l’année de tous les dangers face à Orange et SFR Neuf).

Avec TF1 et une expérience audiovisuelle importante Bouygues Telecom aurait pu être idéalement placé face à Vivendi et France Telecom. Il est inconcevable que Bouygues Telecom n’ait pas participé à la consolidation du secteur et laissé Neuf s’emparer successivement de partie FAI d’AOL France puis de Club Internet.

C’est une erreur qui va maintenant se payer très cher et si Bouygues Telecom était une entreprise cotée en bourse le cours serait en chute libre. Faut-il d’ailleurs y voir une relation mais la valorisation de la maison mère a baissé d’un tiers depuis fin octobre 2007 avec rien moins que 10% de chute durant ces derniers 5 jours. Les perspectives sur le titre à court-moyen termes ne sont d’ailleurs pas très bonnes même si certains gérants croient encore en la valeur avec les perspectives de rapprochement avec Areva.

L’opérateur a semblé prendre conscience néanmoins de sa faiblesse en rachetant les équipements de feu Club Internet que lui a revendu Neuf après l’acquisition en 2007. Nous pouvions nous attendre à ce que Bouygues Telecom lance une offre ADSL dès 2008 mais le groupe a annoncé il ya quelques jours que ce ne serait pas avant 2009.

Est-ce uniquement un problème technique ou le groupe mise sur la vente, maintenant certaine, d’Alice pour se refaire ?

Si Bouygues Telecom souhaite acquérir Alice, la compétition va être rude avec Numéricâble qui a bien besoin également de la filiale française de Tiscali. L’annonce, la semaine dernière du lancement d’une offre ADSL, chez le câblo-opérateur, ne suffira pas pour rattraper le retard massif sur ses concurrents en nombre d’abonnés à l’internet et le rachat d’Alice lui permettrait de réellement peser sur ce marché.

Bouygues va donc devoir sortir son portefeuille pour l’emporter d’autant que Numéricâble a tout à perdre si Bouygues Telecom emporte le FAI. C’est que le câblo-opérateur a également besoin d’une offre mobile comme nous l’expliquions ici. Si Bouygues Telecom rachète Alice, il se suffira à lui-même alors que si l’opérateur ADSL lui échappe il devra composer avec quelqu’un. Cela pourrait être avec Free, il y déjà eu des négociations en ce sens, mais le trublion de l’internet est candidat à la 4ème licence mobile. Plus que jamais le paysage télécommunication en France est suspendu à ces trois acteurs qui se regardent en je t’aime moi non plus. Avec deux entreprises dirigées par deux patrons propriétaires et la 3ème détenue majoritairement par deux fonds anglo-saxons, la partie s’annonce intéressante.

Quoi qu’il en soit c’est en 2008 que tout va se jouer pour ce trois là.

Articles du dossier en relation :

- Free, Numéricâble, Bouygues Telecom : 2008 l’année de tous les dangers face à Orange et SFR Neuf

- Free dans une situation moyenne mais pas désespérée

- Numéricâble joue sa dernière carte en 2008 ?

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Published by Edgeminded - dans Analyse-Stratégie
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commentaires

JPB 08/03/2008 17:50

BonjourAvant de qualifier d'absurde cette analyse, il faut également avoir le recul nécessaire sur son analyse pour ne pas se ridiculiser ..BT ne peut pas "conquérir" un marché comme vous le sous entendez, mais BT doit d'abord courir après ce nouveau marché (internet haut débit, 3 play) qui est déjà parti avec près de 10M de foyers et une pénétration surement déjà large dans le coeur de cible géorgraphique des grandes villes ..Strasbourg/Lille/Paris/Lyon/MarseilleLa Killer-Offre magique n'existe pas dans ce marché très concurrentiel et innovant, c'est un doux rève, ses concurrents sont plus puissants et sauront réagir sous 1 ou 2 trimestre à toute innovation de B.TLe métier d'opérateur nécessite d'atteindre rapidement une base de clients large pour rentabiliser les couts fixes d'investissements, augmenter massivement l'ARPU, réduire son Opex . C'est pour celà que 9 a gardé la base client et revendu un réseau qu'il a déjà à B.T. Il est important économiquement et au niveau de sa crédibilité que B.T rachete une base client et ne parte pas de 0, face à Orange et SFR.La logique d'investissement  et de développement ne peut être la même entre des sociétés gérèes (et bien gérées) comme des grosses PME avec un patron propriétaire qui regarde sa dilution et son risque, et des entreprises avec une forte logique financière.Il est clair que BT saura être innovant et faire de la prospection sur sa base client, mais selon ses ambitions, cela coutera surement plus cher de partir de 0 que d'acheter une base client, c'est bien également l'analyse de SFR qui a "racheté/fusionné" avec 9 alors que SFR dispose d'une puissance de feu bien supérieure celle de B.T

Charles 03/03/2008 19:54

je ne suis pas d'accord avec vous en terme de lecture de la stratégie de Bouygues Telecom : le choix d'investir dans un réseau (celui de Club Internet racheté à Neuf) rend absurde l'hypothèse de rachat d'Alice. Bouygues Telecom souhaite clairement CONQUERIR un marché et pas simplement remplacer ou racheter un concurrent. Pour y arriver, il n'y a pas de secret, il va falloir être très innovant sur l'offre (et savoir maintenir ses distances ensuite). C'est comme ca que Free a percé a l'époque (malheureusement au ralenti ces temps-ci). Ils ne s'imposeront pas en faisant simplement du quadruple-play à 29,99 !Si je me souviens bien, le communiqué indiquait les offres "entreprises" dès ce semestre et du retard pour les offres "grand public" pour 2009. Le réseau a donc l'air d'être opérationnel, ca ressemble à un retard dans le développement de leur "box" et de la "killer-offre" associée !Bonne continuation pour votre blog !

Edgeminded 04/03/2008 08:59

Bonjour Je ne permets pas de qualifier d’absurde toute réflexion sur ce secteur où les évolutions sont très ouvertes compte tenu des paramètres. Les décisions stratégiques de Bouygues ne sont pas écrites dans le marbre et tant que Martin Bouygues n’aura pas consolider le groupe avec Areva et Alstom tout reste ouvert. Je rappelle que Bouygues Telecom est « en vente » pour 10 milliards d’euros même si cela a été plusieurs fois démenti. Ensuite sur le déploiement d’une offre ADSL il ne suffit pas de vouloir le faire, il y a des réalités économiques et de marché. Il faut une taille critique et un facteur de croissance équivalent à celui des autres acteurs. Il n’y a pas de place pour pléthore d’intervenants et avec Orange, Free et Neuf les autres sont marginalisés. La preuve en est qu’Alice n’est toujours pas rentable avec 900 000 abonnés. Si Bouygues veut se développer sur ce secteur même sur le marché des entreprises, cela nécessite une infrastructure et des coûts d’exploitation important qui ne pourront être rentabilisé qu’avec un grand nombre d’abonnés. C’est comme si vous vouliez devenir opérateur mobile en excluant les particuliers. Donc si Bouygues Telecom ne met pas ma main sur Alice il sera contraint de se marier soit avec Numéricâble soit avec Free en fonction de leurs propres intérêts suivant les résultats d’attribution de la 4ème licence mobile.

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