Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Stratégie Media Telecom Internet
  • : stratégie médias internet telecom
  • Contact

Recherche

Rester en contact

  Christian Jegourel

 

    

5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 12:08

Si les négociations semblent bien engagées entre le portail californien et la filiale de Time Warner, les intérêts d’une fusion de ce type restent encore à prouver.

D’après le Wall Street Journal qui rapporte que les dirigeants des deux entreprises étudient sérieusement cette option pour contrer l’offre de Microsoft, il n’est pas sûr que les actionnaires et les employés de Yahoo soient gagnants dans cette opération.

Il devient clair que l’équipe dirigeante de Yahoo, Steve Chen en tête est totalement opposée à un rachat par Microsoft malgré la prime de 60% sur le cours de bourse du portail.

Néanmoins les options ne sont pas nombreuses pour Yahoo car il n’y a pas d’autre entreprise capable de débourser plus de 40 milliards de dollars pour mettre la main sur une dotcom en difficulté.

Pris isolément Yahoo est dans une situation calamiteuse prise en sandwich entre Google dans la recherche qui truste l’essentiel des budgets publicitaires du segment et la montée en puissance des sites de contenus pilotés par les groupes de médias américains. Sans compter la progression constante des réseaux sociaux, comme MySpace ou Facebook, qui promettent de s’accaparer une part importante des recettes publicitaires, appuyée par des audiences record.

Pas simple donc pour un portail de contenus et services de résister à cela et l’avenir de Yahoo, comme entreprise indépendante, semble très marqué du déclin.

Des intérêts divergents

On comprend bien la position de Steve Chen à rechercher une fusion avec AOL où Yahoo aurait le leadership et ou le fondateur du portail aurait la main mise sur l’ensemble. L’intérêt de Time Warner est également perceptible puisque le groupe de médias ne sait pas très bien quoi faire d’AOL et ne semble pas avoir de stratégie internet bien établie. Cela lui permettrait de valoriser son actif et de refiler le bébé à Yahoo. Au passage en ayant une part significative de l’ensemble qui lui garantirait un canal de distribution pour ses contenus.

Bonne opération pour tout le monde ?

Pas certain que cela plaise aux actuels actionnaires de Yahoo qui perdrait là une occasion de récupérer leur mise sans trop de casse avec l’offre de Microsoft.

Les employés de Yahoo ne doivent pas non plus être ravi car les métiers du portail et d’AOL sont sensiblement les mêmes et il y aura nécessairement des réductions d’effectifs. Bien que cela soient ceux d’AOL qui semblent les plus menacés car Yahoo à préparer une pilule empoisonnées en accordant des conditions de licenciement très généreuses à ses employés en cas de rachat.

Une stratégie peu claire

L’intérêt stratégique même d’une fusion est discutable car les entreprises sont sensiblement sur le même créneau mais surtout elles sont en perte de vitesse toutes les deux. Cela n’augure pas d’une dynamique de progression importante car si les dirigeants d’AOL et de Yahoo avaient eu une vision claire de leur stratégie passée, ils ne seraient pas dans cette situation. Un mariage de deux malades a rarement donné de bons résultats.

A l’inverse une fusion, ou un rapprochement avec Microsoft fait du sens pour les deux entreprises car cela donnera à Yahoo une meilleure assise dans la technologie qui lui fait défaut par rapport à Google et donnera à Microsoft une audience importante qui manque à MSN. Cela permettra également de renforcer leurs positions dans le mobile où Microsoft est fort avec son système d’exploitation Windows Mobile et Yahoo avec ses offre de recherche et de gestion publicitaire.

Sur ce dernier point, la force de frappe de Yahoo et de eQuantive, racheté en 2007 par Microsoft donnerait naissance à une régie capable de concurrencer Google.

Enfin les dirigeants de Time Warner devraient prendre conscience que l’objectif des dirigeants de Yahoo est d’échapper à tout prix à Microsoft car pendant le même temps ils étudient toujours un rachat de MySpace par le portail et où News Corp garderait une part de l’ensemble. Le même scénario pour Steve Chen qui conserverait la direction de l’ensemble.

Conclusion, je parie toujours sur un rapprochement avec Microsoft car si les dirigeant de Yahoo s’entêtent à essayer de se rapprocher d’AOL, après avoir essayé vainement avec ou de News Corp/MySpace, les actionnaires vont intensifier les plaintes pour destruction de valeur et de spoliation de leurs intérêts.

Pour le moment les dirigeants de Yahoo pourraient toujours argumenter qu’en proposant une alternative « crédible » cela permet de mettre la pression sur Microsoft qui pourrait relever son offre de rachat.

Un bien joli coup de poker comme je les aime mais d’après certaines sources américaines, il semble que Microsoft ne soit pas dupe et reste très confiant dans son offre actuelle. Il faut rappeler que beaucoup d’actionnaires de Yahoo sont en même temps de gros actionnaires de Microsoft et que si le géant de Seattle relevait son offre, ils perdraient d’un coté ce qu’ils pourraient gagner de l’autre. Et comme la valorisation de l’éditeur de Redmond est huit fois supérieure au portail californien, le calcul est vite fait.

Articles en relation :

Yahoo rejette l’offre de Microsoft, en première lecture…

L’avenir de Google se joue maintenant et l’OPA de Microsoft sur Yahoo va l’obliger à réagir

Microsoft-Yahoo contre Google : les parts de marché respectives

Yahoo tente de brouiller les cartes avec AOL

Microsoft pourrait relever son offre sur Yahoo

News Corp n’est pas intéressé par Yahoo

Microsoft propose 44,6 milliards de dollars pour racheter Yahoo !

Yahoo prévoit de supprimer 5% de ses effectifs

Partager cet article

Repost 0
Published by Edgeminded - dans Analyse-Stratégie
commenter cet article

commentaires

Articles Récents