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  Christian Jegourel

 

    

18 septembre 2008 4 18 /09 /septembre /2008 15:59

P1000903 par vous

L’arrivée cet été de dirigeant semble marquer une nouvelle étape pour Numéricâble avec un patron qui parle de stratégie et qui parait plus crédible que ses prédécesseurs.

L’une de ses premières décisions fut d’ouvrir une division « opérateur » afin louer son infrastructure à d’autres entreprises. Numéricâble pourra s’appuyer sur Completel que l’opérateur a racheté en 2007.

Pierre Danon a rappelé l’histoire de Numéricâble en partant de la concentration en Europe réalisée depuis Altice, la holding luxembourgeoise de Patrick Drahi, rejoint par les fonds Cinven et Carlyle.

Présenté de cette manière, l’histoire paraît presque idyllique, tout saluant la gestion des débuts, Pierre Danon décrit les rachats successifs avec Noos et UPC France.

Cet ensemble actif dans le résidentiel va maintenant se développer également sur le marché entreprise.

En 2007 le fond Carlyle a rejoint l’ensemble mais souvenons nous sur les bases d’une capitalisation d’un peu plus de 3 milliards d’euros. Pierre Danon se félicite d’être à la tête d’une structure estimée à 6,5, il y a eu une inflation à la hausse ?

Il est normal que le dirigeant présente favorablement son entreprise surtout en arrivant mais la tâche ne sera pas simple.

L’infrastructure de Numéricâble

C’est, des dires de son dirigeant, l’élément le plus constituant de l’opérateur. Il y a un réseau provincial très ancré en France avec 9,6 millions de prises. Numéricâble a complété, un peu tardivement, ces opération avec de l’ADSL.

Le marché B to B sera opéré avec la marque Completel et cela s’inscrit dans la stratégie actuelle du groupe de se positionner sur le B to B.

Pierre Danon est donc très clair dans la feuille de route du câblo-opérateur en indiquant que l’objectif numéro 1 est de rentabiliser les infrastructures et de s’auto financer. On sent la pression des deux fonds d’investissements dans le capital.

Cela n’exclu pas le marché de la PayTV et Pierre Danon décrit le marché avec sa vision de 3 « grosses » entreprises très riches que sont Orange, Vivendi et Bouygues et deux « petites » que sont Free et Numéricâble. Les intéressés apprécieront.

Dans cette position de « petite » entreprise le patron de Numéricâble précise que la taille critique est atteinte, en tout cas sur la payTv pas sur l’accès internet.

Le CA est 1,3 milliards d’euros en 2008, le capex sera entre 250 et 350 millions d’euros sur le réseau en fibre optique.

Cela permettra au groupe de poursuivre et d’auto financer le développement du réseau. Pierre Danon rappelle que tout sera en auto financement, ce qui semble logique compte tenu de l’état des marchés financiers et des soucis que rencontrent les fonds actionnaires de Numéricâble.

La diversité des réseaux câblés vieillissants a obligé le groupe à moderniser à marche forcée l’ensemble de son infrastructure.

Malgré tout les villes éloignées du backbone ne sont pas économiquement rentable et pour le moment rien de nouveau.

L’actif principal de l’operateur étant son infrastructure, la stratégie est donc d’élargir les services et naturellement d’accroître la part d’abonnés à internet.

L’objectif est de numériser l’ensemble du réseau en fibre optique jusqu’au pied des immeuble. C’est déjà réalisé pour 3,4 millions de prise du groupe. Les 4 millions seront atteint en décembre 2008 sur un total de plus de 8,6 millions.

Pour les entreprises 600 NRA sont dégroupés et la cible de 1000 sera vraisemblablement atteinte en fin 2008.

La stratégie de conquête.

Numéricâble compte étendre son réseau de distribution avec de nouvelles boutiques en propre et surtout en franchise.

Il y a aujourd’hui 69 boutiques avec un objectif de 142 fin 2009. Je doute vraiment de la viabilité économique d’une franchise de ce type car la pression tarifaire va s’accroître entre les opérateurs et le multiples. Entre un Free qui fonctionne en low cost et un Numéricâble qui va redistribuer une partie de sa marge à des boutiques, le modèle reste à être démontrer. C’est sûr que pour Numéricâble il y a moins de risque à favoriser les investissements d’acteurs tiers plutôt de que prendre le risque d’accroître les boutiques en propre. En cas de retournement de marché ou de modification du périmètre stratégique, ce sont les franchisés qui en feront les frais.

Le service client

Pierre Danon reconnaît les nombreux problèmes, on peut difficilement le nier, et affiche une volonté ferme d’améliorer tout cela.

Le diagnostique paraît clair et j’ai tendance à croire le discours de Pierre Danon. Espérons, pour les clients de l’opérateur, qu’il aura les mains libres pour tout réaliser.

Il y a encore un an de travail dans l’esprit du DG pour atteindre les objectifs qu’il s’est fixé pour prendre des parts de marché aux autres acteurs.

Un petit laïusse patriotique dans le discours de « mettre la France sur le haut débit », Pierre Danon veut devenir le trublion de la fibre optique à l’instar de Free dans l’ADSL.

Un éloge pour Iliad qui a fait une différence par les services et Numéricâble veut faire une différence par l’infrastructure. C’est un discours étrange car un client se focalise sur les services et pas sur les « tuyaux » qui l’alimentent. Comme Numéricâble affiche clairement son intention de louer son infrastructure, tous ses concurrents pourront y mettre leurs services…

Numéricâble vise l’Europe

Il devrait y avoir des consolidations en Europe et Numéricâble souhaite se développer plus largement au niveau

En conclusion

Pierre Danon semble crédible dans cet exercice même si donner une bonne image de l’opérateur n’est pas une tâche facile avec le passif. Quoiqu’il en soit cela ne modifie pas mon avis sur la difficulté stratégique de cet acteur qui a bâti sa vision sur le marché de la télévision payante alors que je crois plus au marché de l’abonnement internet comme facteur déclencheur de conquête de client.

Les chiffres présentés dans la conférence aurait d’ailleurs tendance à démontrer une baisse sensible du nombre d’abonnés réels de Numéricâble mais c’est très dur à affirmer car il y a un flou artistique entre les abonnés à la télévision, ceux à l’ADSL, ceux au deux… Cette seule manière de présenter les chiffres renforce la méfiance.

Le développement d’une offre B to B est une bonne nouvelle pour l’entreprise mais cela n’augure pas de bonnes perspectives sur le B to C.

A suivre… attentivement

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Published by Edgeminded - dans Actualité
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