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  Christian Jegourel

 

    

19 avril 2006 3 19 /04 /avril /2006 15:56

Google

      

 

   

 

 

Tous dans la même assiette ? 

 

Nous avons enregistré plusieurs annonces ces derniers jours de la part des éditeurs de logiciels –Oracle, Microsoft, SAP- de l’Internet –Yahoo, Google- et des médias avec notamment les prises de participation de Time Warner et de News Corp. 

Il semble que le nouveau terrain de jeux de ces acteurs soit la convergence de sites portails puissants associés à des services logiciels à la demande et des contenus vidéo et d’information pertinents. 

Nous assistons bien à une évolution profonde de la chaîne de valeur de ces entreprises commerciales.

Google vient d’annoncer des logiciels de recherche pour le grand public et les professionnels (Google OneBox) qui vont le mettre en compétition directe avec Verity ou Exalead en France alors qu'il attaque Microsoft sur le terrain d'Office avec le rachat d'un traitement de texte disponible par Internet.

Microsoft envisage le même type d’application qui sera disponible dans Vista et Office Live à la demande et vient de lancer Live.com concurrent de Google Search...

SAP et Oracle (qui va lancer un OS basé sur Linux et peut être racheter Novell) développent à toute vitesse des applications à la demande pour contrer SalesForce.com et qui vont concurrencer les SSII.

News Corp, qui possède déjà MySpace  vient d’entrer au capital de Simply Hired, un moteur de recherche d'emplois, IAC a déjà racheter AskJeeves et bien d'autre entreprises du net (petites annonces, ticketing...)

Comme pour les médias qui ont vu leurs périmètres se modifier avec les nouveaux acteurs de l’Internet et surtout la disparition des frontières géographiques qui a modifié leurs modèles économiques, les entreprises de logiciels et de services vont devoir entamer une mutation. J’ai déjà écris dans différents articles les convergences entre FAI et SSII à venir mais c’est maintenant tout un secteur de cette industrie qui va être bouleversé.

Quelque soit l’angle sous lequel on se place on devine que la concurrence se fera sur la maîtrise de technologies clés et non plus uniquement sur les services et les contenus.

Cette nouvelle donne fragilise nos acteurs français de télévision qui sont peu présents sur le développement technologique et partiellement sur la production de contenus. Que peuvent faire TF1 ou M6 face à News Corp ou Time Warner qui produisent des séries mondialement diffusées, qui possèdent et renforcent leurs portails Internet par de la diffusion à la demande et qui maîtrisent maintenant leur technologie de recherche. Que dire de Yahoo qui combine technologie de recherche, d’affiliation publicitaire, diffusion vidéo (rachat de Meedio), agenda en ligne, messagerie, chat, blog, etc… De la même manière que peuvent faire nos acteurs logiciels comme Exalead face à des géants qui combattent également sur le terrain des services en ligne à coup de milliards de dollars et qui rachètent des parts de marché continuellement.

Ce qui est impossible pour un acteur local. J’avais déjà conseillé aux chaînes françaises de se préoccuper du marché canadien (Google, Yahoo, Amazon… et les médias : les limites de la diversification ?)

Le problème est qu’à force de proposer des services gratuits on pourrait penser qu’ils vont s’épuiser mais en fait il s’agit de produits d’appels financés par la publicité et qui renvoient vers des services payants beaucoup plus lucratifs. Leur quasi monopole au niveau mondial leur permet également d’amortir leurs concepts et développements sur les principaux marchés de la planète. Comme traditionnellement la publicité ira au leader et à celui qui sera capable de décliner des plans médias multisports y compris dans les blogs.

Restera-t-il de la place pour des acteurs régionaux (pays) ou devront-il entrer dans le modèle des réseaux affiliés américains qui rediffusent les contenus des grands réseaux un peu à la manière d’une franchise ? Peut-on imaginer TF1 franchisé de News Corp et M6 de Yahoo ? 

Peut être pas de manière aussi drastique mais l’indépendance de mono médias va se réduire si ils n’entrent pas dans l’arène pour se battre avec les mêmes armes.

On parle également d'une offre de téléphonie mobile gratuite que pourrait lancer Google pour ses Internautes. Imaginez si chaque Internaute client de Google lui rapportait 1€ le CA généré financerait largement le service.

Rien n’est jamais acquis et nos médias européens peuvent organiser des fusions, rachats ou alliance pertinentes qui devraient leurs permettre de continuer de prospérer. La seule certitude c’est que le combat ne se cantonne plus au rendez vous de 20h et à la vidéo à la demande mais également à la maîtrise de technologies clés. La finesse de la stratégie de nos grands acteurs médias sera déterminante dans leur capacité à se réinventer. Le nouveau monde n’est pas un fleuve tranquille…

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Published by Edgeminded - dans Analyse-Stratégie
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commentaires

Philippe Angoustures 09/05/2006 09:26

Bonjour et bravo pour votre blog.
Je suis plutôt d'accord avec vos analyses mais je pense qu'au delà des forces économiques et technologiques en puissance, il faudra sans doute compter avec une dimension politique.
Un premier exemple, même s'il fait sourire bcp d'internautes surtout en France, est l'initiative européenne autour de la recherche avec Quaero. Revenons 10 ou 15 en arrière, pensiez-vous à l'époque que Airbus serait un jour devant Boeing ? Personnellement je n'y croyais pas et pourtant la volonté politique a permis de rattraper un retard au moins comparable à celui que nos "champions" européens des Telco, Media & Technologies ont actuellement sur les GYM.
Cette fois ci les enjeux politiques me paraissent supérieurs (qui maîtrisera la diffusion des informations auprès des citoyens de demain ...?), l'Europe doit répondre.
De plus, ne sous estimons pas non plus l'appétence des européens, en tout cas des français, pour un contenu media "de proximité". Voir à ce sujet l'explosion du site www.ina.fr sous la demande.

Edgeminded 09/05/2006 10:01

Bonjour
Tout d'abord merci pour votre commentaire.
Je ne sous estime pas le volonté politique mais elle arrive souvent en retard.
 

Dans cette guerre économique à laquelle nous assistons, les règles ont changées depuis la création d’un ensemble comme Airbus. Cette entreprise industrielle s’est faite avant tout sur la recherche entamée avec le Concorde puis avec l’Allemagne à une époque où la mondialisation n’était pas totale, où les blocs de l’est occupaient les Etats-Unis. Aujourd’hui les temps de réaction, la prise de parts de marché et la capacité financière ensembles sont des facteurs clé de succès. Je pense que nous n’avons pas en Europe de fonds financiers suffisants pour valoriser nos entreprises à la hauteur des Google et Yahoo. Hors cette valorisation est l’une des clés de leurs réussites.
 

Deuxièmement nos politiques économiques et de création de valeur avec des entreprises innovantes sont plutôt dissuasives, particulièrement en France. Enfin il n’y a pas d’unité Européenne capable de soutenir des budgets de recherche à la hauteur des enjeux.
 

En ce qui concerne les hommes politiques, je leur en veux énormément par leur cécité et leur refus de courage politique. En 1992, je suis l’un des co-fondateur du Club de l’Arche, Bill Clinton annonçait les autoroutes de l’information comme un élément clé du développement des Etats-Unis. Au même moment Jacques Chirac voulait taxer les ordinateurs car ils étaient sensés détruire des emplois ! Le Club de l’Arche avait remis un rapport à Nicolas Bazire, alors dircarb de Balladur, sur les révolutions à venir en terme de télétravail, téléformation, en bref beaucoup de changements à venir avec les NTIC. Si
la France
avait pris en compte ce rapport et bien d’autres sur ce sujet en 1992, imaginez où nous en serions ?
 

Vous citez l’INA, j’y étais en 1998 et j’ai participé à ce projet de mise en ligne des contenus (code projet IN@NET). J’avais proposé à l’époque que l’INA devienne une plaque tournante pour les contenus en ligne avec du cofinancement pour aider les producteurs indépendants à mettre en ligne leurs contenus. L’idée était que l’INA prenne en charge les couts de numérisation, que les contenus restent la propriété des ayants droits et que l’INA conserve les données d’indexation. Il a fallut presque dix ans pour le réaliser et en partie seulement.
 

Je ne pense pas qu’il n’y ait pas de créativité en France mais que les moyens ne sont pas à la hauteur des enjeux et surtout que les services en ligne nous exposent à une concurrence mondiale ce qui n’était pas le cas auparavant.

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