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  Christian Jegourel

 

    

12 septembre 2006 2 12 /09 /septembre /2006 16:27

L’accès Internet et la téléphonie mobile sont des marchés neufs, d’une dizaine d’années et font penser au marché de l’imprimerie il y a deux siècles. A ses origines, l’imprimeur fabriquait son papier, rédigeait ses articles, composait sa matrice d’impression, imprimait l’ensemble et diffusait son « journal » Depuis le marché s’est structuré.

Pour moi les marché de l’Internet et du mobile, c’est comme si une entreprise de transport possédait ses autoroutes, ses camions et achetait les marchandises qui transitent pour les revendre à l’arrivée.

Ces marchés de la communication devraient donc se structurer de la manière suivante : d’un coté les infrastructures et de l’autre les contenus et les services. Si ont veut faire un parallèle d’un coté des « TDF » et de l’autre des « TF1 ».

Quels impacts pour les organisations actuelles ?

Prenons l’exemple de Bouygues Telecom et Free car ils sont dans une logique semblable vis-à-vis de cette problématique.

Pour Bouygues Telecom cela signifie séparer la partie infrastructure du réseau mobile et sa partie services clients qui possède la base d’abonnés et développe une logique de contenus/services.

Cette séparation permettrait à chacune des entités de maximiser ses profits en se concentrant sur ce quelle sait faire. On peut imaginer que la partie infrastructure développe un réseau Wimax demain et que la partie service cherche à louer des capacités ADSL et, demain, fibres optiques pour fournir à ses clients des contenus et services multi supports sans rupture de charges. On peut même imaginer, puisqu’ils sont dans le même groupe, une fusion de cette partie services avec la division multi médias de TF1.

Cette séparation de la « couche » transport de la couche « contenus/ services » leurs permettrait de se concentrer sur la valeur ajoutée par client sans avoir en arrière pensé les « limitations » qu’impose le passage par le transport « maison ». Rien n’empêcherait en effet cette structure de services d’avoir un accord avec des concurrents de la « couche » transport…

C’est une révolution culturelle pas facile à faire mais le marché va l’imposer car les concurrents sont déjà aux portes. Nous y reviendront.

C’est la même logique pour Free

Jusqu’ici le FAI a fait tout lui même, avec une R&D limitée mais performante qui nous a régulièrement proposée des innovations avant tout le monde. Comme je l’ai déjà écrit, les récentes incursions d’Intel, Cisco et Microsoft dans la gestion d’infrastructures de services et autres set top box amènera inévitablement les FAI à standardiser leurs outils. Free pourrait donc se scinder en deux parties : une chargée de déployer et d’exploiter les réseaux ADSL, fibres optiques et Wimax, l’autre chargée de commercialiser les services et contenus multi supports. Cela faciliterait d’ailleurs la vente en gros de bande passante que Xavier Niel a annoncé pour rentabiliser l’investissement de 1 milliard d’euro dans la fibre.

Ces recomposition des activités auraient également l’intérêt de refaire monter les cours de bourses car les investisseurs aiment bien ce genre de montages qui augurent d’une bonne compréhension de l’évolution des marchés. Nous sommes dans une économie qui évolue tellement vite qu’il faut en permanence adapter les structures de fonctionnement sous peine de se voir dépasser.

Attention aux nouveaux entrants

Si ce scénario de la recomposition de la chaîne de valeur se vérifie, il va falloir sérieusement surveiller les GYM car leur stratégie est bien d’être au cœur du service/contenu. Avec leurs différents outils de messagerie instantanée, les moteur de recherche sur le net et mobile, la fourniture de contenus multi supports et leurs sites communautaires ils sont bien positionnés pour bénéficier de cette structuration. Ils vont disposer de réseaux fixes et mobiles qui leurs permettront d’atteindre leurs clients partout sans rupture de charges. C’est la raison pour laquelle j’avais écrit il y a quelque mois qu’un des facteurs clé de succès serait la maîtrise de la technologie. L’autre étant la maîtrise de la production de contenus.

Cette logique n’est pas seulement applicable aux FAI et opérateurs, toutes les industries qui sont impactées par la modification de leurs relations clients avec Internet sont concernées. Le secteur financier et la distribution devront également réfléchir à cette problématique mais cela fera l’objet d’un autre papier.

Christian Jegourel

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Published by Edgeminded - dans Analyse-Stratégie
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commentaires

Philippe A 13/09/2006 09:44

Bonjour La séparation du transport et des contenus / services ? La tentation est grande quand on voit certains autres secteurs (le chemin de fer, l'énergie, ...) mais je pense que pour les opérateurs ce serait destructeur de valeur à long terme, même si effectivement l'accueil des marchés financiers pourrait effectivement être positif à court terme : 1-en terme d'organisation, le passage d'équipes intégrées à une organisation client / fournisseur augmente la paperasse et ralentit les cycles de développement ; avec en plus l'hypocrise habituelle que le "client" en l'occurence est complètement captif. A ce titre les bons exemples sont plutôt à chercher dans l'industrie manufacturière qui a su "intégrer l'usine" dans ses cycles de développement (aéronautique, automobile, ...: Toyota est sans doute la meilleure pratique depuis 25 ans en termes industriel et de création de valeur pour l'actionnaire) 2- pour de nombreux opérateurs français, à part sans doute Orange-FT et Free, la culture réseau est souvent inexistante au sein des équipes marketing qui imaginent des services sans en comprendre le fonctionnement et qui - par voie de conséquence - se font mener en bateau par la direction du réseau qui poursuit ses propres objectis à vocation technique. La rapidité de mise sur le marché des offres de Free n'est pas à chercher ailleurs (Orange ayant par ailleurs d'autres problèmes d'organisation ...) 3- de la "filialisation" d'une division réseau à sa revente à un tiers, il y a une pente naturelle et pernicieuse à laquelle certains management d'opérateurs ne sauront pas résister, se privant ainsi de leur liberté d'innovation. Votre question reste néanmoins parfaitement valable de la cohabitation, à première vue contre nature, au sein d'un même opérateur d'une direction réseau et d'une direction des services. Ma conviction est que seule l'intégration des deux peut assurer l'autonomie d'innovation à long terme et des cycles de Time To Market performants. Mais le débat est largement ouvert Bonne journée

Edgeminded 13/09/2006 11:34

Merci pour votre commentaire. Il n'existe jamais d'organisation idéale et surtout durable longtemps. La clé c'est la capacité d'adaptation. Si l'intégration a servi la rapidité, Free en est l'exemple parfait, la structuration du marché devrait entraîner cette séparation. Mais j'accepte vos arguments, il s'agit là d'une débat qui trouvera sa réponse dans quelques années.

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