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  Christian Jegourel

 

    

20 octobre 2006 5 20 /10 /octobre /2006 09:08

Vido_communautaire_ebg

TV 2.0, Vidéo 2.0 ou Bulle 2.0 ? Vous l’aurez remarqué, il souffle depuis quelques mois un vent de folie sur le secteur de la vidéo communautaire, sous le double effet de l’accroissement des usages haut débit et des valorisations financières des plateformes communautaires.

idèle à sa vocation d’agitateur d’idées, l’Electronic Business Group ne pouvait rester indifférent à ce tumulte. L’EBG a réussi ce jeudi à réunir autour d’une même table les patrons de WAT (We Are Talent, site UGC de TF1), DailyMotion (qui héberge un million de contenus vidéo gratuits), Skyrock (et ses 6 millions de Skyblog), M6 Web (et son service de partage de vidéos Wideo fourni par Kewego) et Parship, à l’Université de Paris Dauphine. Le point commun entre toutes ces sociétés : elles évoluent dans la sphère des sites communautaires, même si Parship positionné sur la rencontre en ligne payante sort du spectre purement média.

Voyons donc au travers de ce débat, animé avec brio par Julien Pauchet, Manager Médias du cabinet Greenwich Consulting et ancien animateur radio sur Europe 2 et RTL 2, comment la nouvelle frontière des communautés en ligne et du contenu généré par les utilisateurs (UGC, User-generated content) se déplace autour des activités web des médias audiovisuels.

Honneur au pionnier des médias communautaires avec les radios libres et, de fait, pionnier aussi du Web 2.0 avec Skyblog. Pierre Bellanger, président et fondateur de Skyrock, oppose la logique de diffusion des médias broadcastés -comme la TV et la radio - à la logique conversationnelle des blogs. Selon lui, la conversation est un média à part entière. « Le nouveau média, c’est les gens », explique-t-il. La culture de la liberté d’expression issue des radios libres a été transposée au web pour créer ce qu’il appelle une « NETamorphose ». Grâce à ses millions de blogs actifs, qui sont autant d’émetteurs, la communauté Skyblog conforte désormais son statut de média interactif en diffusant également du contenu professionnel. A l’image du concurrent américain MySpace, 20.000 Skyblog musicaux ont été créés depuis juin dernier. On y retrouve des artistes auto-produits comme des artistes en développement signés chez des labels. Côté image, grâce à la technologie fournie par Skema, 20.000 nouvelles vidéos personnelles sont publiées chaque jour par les Skyblogueurs depuis l’ouverture du service en septembre. Avec 7 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2005, 10 millions prévus en 2006 et un objectif de 15 millions en 2007, Pierre Bellanger annonce fièrement que sa plateforme interactive est rentable. Et pourquoi ? Parce que Skyrock permet aux annonceurs de rentrer dans la boucle conversationnelle (comprendre en relation directe avec la tribu des 15-24 ans). On retrouve là une partie de la rhétorique de Thierry Cammas, patron de MTV France, qui préfère lui parler de phénomène « générationnel » et « aspirationnel » autour de ses chaînes MTV et Game One destinées au jeune public.

Du côté de M6, Xavier Marvaldi, le directeur des activités Internet et mobile, distingue 4 fonctionnalités du web communautaire : le conversationnel (chat) ; l’egocasting (blog) ; le réseau social (relation – rencontre) ; et l’UGC (contenu auto-produit). Selon lui, « M6 ne fait du Web 2.0 que lorsqu’il est rentable. Ce que j‘ appelle le Web 2.1 ». En référence à son site de partage de vidéos, Widéo, il explique que l’internet permet de créer un continuum entre les amateurs et les professionnels. Dans les plateformes UGC apparaissent des contenus OVNI qui ne sont pas diffusables en télé mais qui sont très créatifs. Widéo a par ailleurs vocation à accompagner d’autres marques fortes du groupe M6 en servant de plateforme d’hébergement autour d’émissions comme Turbo ou La Nouvelle Star. Xavier Marvaldi envisage 3 types de modèles économiques pour les sites communautaires : la publicité (bannières, liens sponsorisés, insertions de pub vidéo ou bien formats spécifiques comme la présence d’annonceurs dans la communauté virtuelle Habbo Hotel) ; la rentabilisation de bases de données d’utilisateurs qualifiées par des tags et les centres d’intérêts déclarés ; enfin, les services payants (avatars dans Habbo Hotel, épisodes de la série Prison Break en exclusivité VOD sur M6.fr promus dans Widéo).

Chez le grand concurrent, TF1, la plateforme WAT a été lancée au début de l’été sur la base de la technologie DailyMotion en marque blanche. Mais son directeur, Olivier Abecassis, que je devrais bientôt interviewer en vidéo pour évoquer les projets TV de WAT, explique que les photos et la musique publiées par les internautes sur le site bénéficient d’une audience équivalente à celle des vidéos. Le lancement de WAT répond à 3 objectifs de la chaîne privée : une demande forte d’annonceurs de la régie publicitaire de TF1 pour toucher les 12-24 ans ; faire de ce site un labo à contenu, avec pour mission d’inventer une rencontre entre contenus pro et UGC ; enfin, diversifier les produits du groupe TF1 au-delà de l’activité d’éditeur de chaînes. Olivier Abecassis précise que WAT ce n’est ni Vidéogag, ni le casting de la StarAc ’. Le projet phare, dont je reparlerai en détail prochainement, consistera à diffuser d’ici un mois des contenus vidéo amateurs issus de WAT sur la chaîne mère TF1 dans une case hebdomadaire de fin de soirée. A terme, une véritable chaîne WAT TV, à l’image de Current TV aux USA, pourrait voir le jour à condition de trouver un business model rentable. En attendant, le site web de WAT, tout comme ses déclinaisons mobile en WAP et sur imode, est basé sur un modèle gratuit, donc financé uniquement par la publicité. WAT souhaite associer les créateurs de contenu hébergé sur la plateforme ou diffusés sur TF1 au partage de la valeur. Entendez par là qu’il va proposer à certains de ses talents une rémunération sous forme de droits d’auteur ou de salaire.

Le plus fréquenté des sites de partage vidéo francophones, l’indépendant DailyMotion, s’inscrit lui aussi dans cette épure. Même si son président et fondateur, Benjamin Bejbaum, reconnaît que pour des raisons réglementaires il est complexe en France de rémunérer les contributeurs. A ce jour, DailyMotion - qui vient de lever 7 millions d’euros auprès de fonds d’investissement – voit sa stratégie confortée par le rachat de YouTube par Google. Mais il admet ne pas avoir de modèle économique clair. DailyMotion a récemment embauché Sandra Albertolli, ex-directrice de la régie publicitaire Influence spécialisée dans les blogs, pour développer son chiffre d’affaires. Outre la publicité internet traditionnelle et les liens sponsorisés, DailyMotion table sur la monétisation d’espaces promotionnels dédiés à des marques ou à l’hébergement de vidéo-pull, des publicités virales très qualitatives que les internautes s’envoient par mail.

Laurent Esposito

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Published by Edgeminded - dans Analyse-Stratégie
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