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  Christian Jegourel

 

    



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Mardi 14 novembre 2006

Le cabinet de conseil NPA organisait la semaine dernière une conférence en présence des principaux acteurs de l’audiovisuel français et de représentants du secteur de l’Internet.

Avant toute chose je dois avouer que l’exercice n’est pas simple tant la différence de compréhension des mutations en cours est importante.

Pour faire simple il y a les tenants d’une économie réglementée qui reprendrait les évolutions techniques mais en encadrant les services de distribution de contenus en accord avec des règles édictées avant Internet. Ces partisans ont de solides arguments sur le respect des droits d’auteurs et d’une importante économie des médias avec toute la création audiovisuelle et la diversité culturelle.

De l’autre une toute autre vision, peut être plus pragmatique qui indique qu’il sera impossible de concevoir des mécanismes de protection inviolables et que partir sur l’économie de médias actuelle pour la projeter dans l’Internet est impossible. Ces partisans prônent la refonte complète du modèle économique des médias.

C’est donc dans un contexte inconciliable que s’amorce ce débat avec

Introduction de Paul Champsaur de l’Arcep.

Le président a défendu son pré carré en attaquant directement sur la pénurie des fréquences hertziennes qui nécessite un encadrement réglementaire stricte. Pour le fixe, Paul Champsaur a souligné la difficile équation économique compte tenu des investissements importants en génie civile excepté pour Paris où l’accès aux égouts permet un câblage moins onéreux. L’Arcep a estimé à 10 milliards d’euros sur 10 ans les sommes nécessaires pour raccorder l’essentiel des usagers. Aux yeux de cet organisme de régulation, les usages ne sont pas encore totalement évalués et les revenus associés non plus. On retombe dans ce vieil adage de la poule et l’œuf. Si on avait attendu l’Arcep ou son ancêtre, pour l’ADSL, on en serait encore au 512Kb/s. Il est frappant de voir le conservatisme de ce type d’organisme mais ce n’est finalement pas si étonnant lorsque l’on regarde qui les dirigent. Le Président Champsaur a fini sur un couplet consensuel sur l’importance du respect d’une chronologie des médias tout en respectant les attentes des consommateurs et celle des FAI. Bref une proposition qui ne satisfait personne et ne répond pas à la problématique de l’impossibilité de mettre en œuvre des DRM inviolables.

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Infrastructures filaires contre liaisons sans fil, quels sont les réseaux les mieux placés pour tirer le meilleur parti du passage au très haut débit

Intervention de Denis Rapone du CSA qui remplace Dominique Baudis, souffrant.

L’intervention de Renaud Donnedieu de Vabre, le ministre de la culture est sur le même modèle que le CSA.

Entre programmes disponibles à la demande et contenus amateurs en diffusion virale, quelle place pour les chaînes thématiques à l’heure du Web 2.0, des écrans multiples et de la consommation délinéarisée ?

Audiovisuel de demain, discours d’Emmanuel Hamelin

Les modèles économiques de l’audiovisuel de demain

par Edgeminded publié dans : Débats
Mardi 14 novembre 2006

Retrouver l'intégralité du dossier sur YouVox Tech avec des vidéos des intervenants ici

Un discours préparé par les rédacteurs « consensuels » du ministère et un contenu sans réel intérêt.

Le ministre se félicite de l’extension au niveau européen de « l’exception culturelle » en s’affirmant comme le « défenseur des droits acquis » ça commence bien pour la modernité. C’est dans ce cadre que le compte de soutient à l’audiovisuel sera étendu aux FAI (en discussion). Le ministre brosse la tableau d’une TV du futur où les consommateurs auraient le droit à une offre élargie en terme de nombre de chaîne gratuite, tout cela en numérique et avec la TV mobile personnelle. Rien sur le rôle de la TV publique, de l’évolution nécessaire de la chronologie des médias qui ne résistera pas au peer to peer, à l’impossibilité de protéger les contenus par des DRM inviolables etc.. Bref on est encore chez Winnie l’ourson.

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par Edgeminded publié dans : Débats
Mardi 14 novembre 2006

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Qu’en dire si ce n’est répéter que j’ai l’impression que ces gens là vivent sur une autre planète où les consommateurs sont virtuels.

Après le couplet sur l’indispensable adaptation du droit sur l’audiovisuel en fonction des NTIC et le fait que cela soit complexe on  droit à un moment de poésie.

Vous connaissez cette démonstration ? Tout ce qui est rare est cher. Un bon cheval à bon marché est rare. Donc un bon cheval à bon marché est cher.

Nous avons eu le droit à la même : l’adaptation de l’audiovisuel doit intégrer 3 enjeux : démocratique, culturel et industriel. Jusqu’ici on est d’accord même s’il pourrait y en avoir plus notamment en terme de qualité de service, de concurrence etc, mais bon.

La suite se gâte. Pour Emmanuel Hamelin la démocratie passe par l’extension de la TNT (c’est plutôt restrictif comme démocratie), le culturel passe par la TVHD et la TV sur mobile (sic) et l’industriel par des règles de protection permettant de conforter les producteurs. En prélevant une taxe de plus (la taxe COSIP) histoire de défavoriser un peu plus les entrepreneurs français.

Bref comment faire du vent avec des mots qui portent mais concrètement j’attends toujours de savoir comment notre pays va pouvoir sauvegarder son exception culturelle si nous sommes submergé par des contenus anglophones délivrés par Internet. Que l’on ne viennent pas me parler de DRM, de test des adresses IP etc.. Tout cela ne fonctionne pas. On marche vraiment sur la tête.

Imaginons notre administration à l’époque de l’invention de la voiture. Quelles usines à gaz aurait elle inventé pour protéger les éleveurs de chevaux, les relais de poste et les maréchaux ferrants en taxer lourdement les industriels de l’automobile ? Pareil avec l’invention du métier à tisser. Pour mémoire Jacques Chirac proposait en 93 de taxer les ordinateurs, le lendemain du discours de Bille Clinton sur les autoroutes de l’information. Ce n’est certes pas agréable de voir son métier évoluer profondément ou disparaître mais il faut parfois penser au plus grand nombre. J’ai déjà utilisé cette comparaison mais devait-on interdire les appareils photos numérique pour protéger la filière argentique

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par Edgeminded publié dans : Débats
Mardi 14 novembre 2006

Les modèles économiques : Accès/service/contenus/marque : quels sont les principaux déterminants de la valeur ? L’engouement pour le Web 2.0 recouvre-t-il une nouvelle bulle spéculative ? L’intégration verticale est-elle le moyen pour les champions nationaux de résister aux groupes internationaux

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Il y a clairement une position forte précisant qu’il n’y a pas de bulle spéculative comme celle de 2000. Pour certains les valorisations sont justifiées par des modèles économiques prouvés. Pour d’autres il y a quand même survalorisation de certaines entreprises dont les ratios valeur/chiffres d’affaires sortent des valeurs  communes.

Patricia Langrand, Directrice Exécutive en charge de la division « contenus »,de France Télécom ouvre la session.

Peu d’indication sur la stratégie de FT, je trouve le discours un peu langue de bois en exposant la volonté de l’opérateur historique de développer des partenariats et en insistant sur la complémentarité avec les chaînes de TV. Pas convaincu.

Pour moi le pompon de cette conférence c’est l’intervention d’Emmanuel Florent, le PDG d’e-TF1. Pour un homme connu dans le milieu comme un grand professionnel de cette industrie, sa prestation a été, pour le moins insipide. Il semblait ne rien comprendre aux enjeux et au potentiel de l’Internet, ce qui est grave vu sa position. Pas grand chose à dire tellement son discours a été incompréhensible et à voir les autres auditeurs je n’étais pas le seul à m’interroger. Monsieur Florent a mélangé les intérêts des producteurs, des diffuseurs, des plateformes de services… En tous les cas on ne comprend rien sur le positionnement de TF1 dans cette nouvelle chaîne de valeur.

Intervention d’Edouard Tetreau, Directeur de Mediafin

Le personnage entre directement dans le vif du sujet et s’étonne toujours de la cécité des acteurs qui voient disparaître leurs métiers dans la chaîne de valeur et qui ne réagissent pas. Il attend toujours le Rupert Murdoch français que tout le monde prenait pour un fou en 2005 lorsqu’il a acheté MySpace pour 580 millions de dollars alors que maintenant on trouve que ce n’était pas très cher. Edouard Tetreau cite la capitalisation de Google qui a augmentée de 4% après le rachat de Youtube et donc d’une valeur supérieure à l’acquisition.

Cela me rappelle le début des années 90. A cette époque je naviguais dans le monde de l’édition magazine et on commençait à parler de PAO, de logiciels sur Mac. J’avais participé à des conférences Seybold Report en France où j’avais expliqué la disparition inévitable des photocompositeurs et la transformation en profondeur des photograveurs. J’ai eu beau démonter le modèle en expliquant que les technologies raccourcissaient la chaîne de valeur et que des intermédiaires allaient disparaître. Rien Ils sont tous morts. J’ai l’impression de revivre cette époque avec des professionnels qui refusent d’admettre que leur métier pourrait simplement disparaître car leur valeur ajoutée va être absorbée par un autre acteur.

Très intéressante intervention d’Olivier Chapuis qui avait la lourde tâche de remplacer Didier Quillot pour Lagardère.

Il est très surprenant d’entendre ce discours alors que le groupe a plutôt été en retard dans l’Internet. Il est clair que la publicité sur Internet est un raz de marée qui ne va pas s’arrêter et que l’on est face à une tendance lourde.

Le dirigeant de Lagardère a brossé un tableau clair sur les enjeux pour son groupe avec une description du parcours à réaliser. Une mutation d’éditeur de magazine à un éditeur de contenus multi supports. Un discours que l’on aimerait entendre plus souvent. Dans les faits il faudra voir mais la vision est claire. Olivier Chapuis a souligné également la difficulté de dépendre de la publicité sur Internet qui est trustée par les grands acteurs du marché ainsi que la difficulté d’atteindre des effets de seuil pour rentabiliser un webzine. La réponse actuelle de Lagardère a été de proposer des offres packagées multi supports pour contrer les pure players. La prochaine étape sera de les affronter sur le terrain de l’Internet.

Le principal problème identifié est la baisse progressive de l’audience magazine alors que les revenus sur Internet ne compensent pas. L’objectif du groupe Lagardère est de monter en audience afin de générer des revenus publicitaires significatifs à partir du net, de la vente de contenus etc…

(ndl)Pour ma part je pense que le net est extrêmement destructeur de valeur et que l’on n’atteindra jamais les revenus du papier même avec une audience supérieure.

Rapide intervention d’Eric Tong Cuong, co-fondateur de La Chose et de Naïve, le label musical.

Ce producteur pense que la production de contenus vis à un rythme différent de celui des financiers. Il identifie les nouveaux comportements de consommation avec des nouveaux services comme Youtube ou MySpace et précise que dans ces cas là, le contenu s’efface au profit du service.

(NDL) C’est une thèse à laquelle j’adhère totalement et je me souviens avoir tenu un discours identique à la presse quotidienne en 2000 en précisant que nous étions passé d’une époque où le support était roi, à celle du contenu roi et maintenant du service roi. Cela ne veut pas dire que le contenu doit être mauvais mais qu’il n’est pas suffisant.

Eric Tong Cuong a ensuite réaffirmé qu’Internet était en train de redonner du pouvoir aux créatif au détriment des acheteurs d’espace en gros. Il croit pleinement à l’explosion des contenus générés par les utilisateurs qui produisent de plus.

Marc Veyrat de Neuf Cegetel

Le dirigeant de Neuf a justifié les rachats du groupe par la nécessité d’atteindre une taille critique. Pour le moment aucune opération de production de contenus n’est à l’étude mais il a lui semblé normal qu’un acteur de la distribution puisse être amené à financer des contenus à travers le compte de soutient.

Gilbert Saada, Directeur des Investissements, Eurazeo

Là encore discours clair et maîtrisé. Gilber Saada ne remet pas en cause les modèles économiques des acteurs internet mais il lui semble que certaines valorisations sont disproportionnées par rapport aux chiffres d’affaires réalisés.

Il ne croit pas au bienfait de la concentration vertical en partant du principe que l’on ne peut pas être bon sur tous les fronts. En bon investisseur il énumères les points clés que toute entreprise devrait avoir en tête : quel est mon business model, quelles sont les barrières à l’entrée, qu’apporte mon activité dans la chaîne de valeur etc.. En appliquant ce raisonnement à la TV mobile on tombe de haut : on ne sait pas ce que veulent les consommateurs, ce qu’ils sont prêt à payer etc..

Les estimations actuelles seraient de 5 à 6€ par mois par abonnement mais la clé de répartition entre les producteurs et les opérateurs n’est pas claire. Si le marché de la TV mobile correspond à un besoin, rien ne permet aujourd’hui de définir qu’elles seront les entreprises qui dégageront de la valeur.

Philippe Collombel de Partech International

Second investisseur de cette table ronde, Phillippe Collombel est revenu sur l’analyse de la position de chaque acteur dans la chaîne de valeur. Il pense également qu’une entreprise doit se concentrer sur ce qu’elle sait bien faire sans chercher à étendre son activité en amont et en aval. Il cite l’exemple de Google qui domine le marché de la publicité en ligne.

Parfois même les meilleurs peuvent rater un virage et c’est la raison pour laquelle Google a racheté Youtube. Il anticipe une montée en puissance rapide des contenus UGC et cite un accord récent entre Youtube et Verizon pour la diffusion des vidéos sur mobiles. Ce type d’accord fait évoluer rapidement la chaîne de valeur et chaque acteur doit se poser la question de sa justification en se projetant.

Il ne croit pas non plus à une bulle spéculative de la part des acteurs Internet même si certains ratios sont élevés.

Phillippe Colombel a ensuite averti des risques de récession de la presse papier qui a vu sa part de publicité passer de 50 à 30 % en quelques années. Comme les budgets ont globalement augmentés, en valeur absolue, cela ne s’est pas trop remarqué mais en cas de récession économique, ce sont les investissements presse qui seront supprimés en premier pas ceux de l’Internet.

Il a également rappelé que Google Angleterre avait dépassé en revenu publicitaire la chaîne Channel 4 (article ici) et que dans deux ans Google aurait dépassé la chaîne leader ITV, le TF1 français. La même ITV qui a vu son CA publicitaire chuter de 25% cette année.

La seule question qu’il se pose vis-à-vis de Google c’et de savoir si une nouvelle technologie de recherche ne pourrait pas remettre en cause l’hégémonie du moteur. (ndl) pour ma part je pense que sa puissance est tellement grande maintenant que si une nouvelle entreprise croît sur son marché, Google sera capable de la racheter. Le risque c’est qu’il y en ait plusieurs en cascade et que l’un de ses concurrents fasse son marché. Dans tous les cas il s’agira d’une affaire entre grands des médias et de l’Internet.

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par Edgeminded publié dans : Débats
Mercredi 3 mai 2006

L’étude qui porte sur 10 pays démontre que 56% des adultes interrogés considèrent leur télévision nationale comme principale source d’information et que 82% lui font confiance.

Cette étude commanditée par Reuter, la BBC et le Media Center anglais porte sur 10230 personnes.

Les quotidiens nationaux et régionaux viennent en seconde position avec 21% d’audience (75% de taux de confiance), suivis, à égalité, par Internet et  la radio à 9% d’audience. Pour cette dernière le taux de confiance s’élève à 67%.

Cette étude va certainement ravir les responsables de chaîne qui voient toute l’agitation autour d’Internet entre les grands portails et les networks aux Etats-Unis.

L’émergence des blogs comme source d’informations est néanmoins une nouveauté d’autant que la crédibilité apportée à ce nouveau vecteur semble peu remise en cause. Un quart des personnes interrogées utilisent régulièrement les blogs pour s’informer et seulement 23% ne les utilisent jamais.

Il faut reconnaître que les blogs occupent un espace laissé vacant par la presse qui n’est plus aussi partisane qu’à ses débuts. Le politiquement correct dans les médias a rendu uniformes les journaux et les blogs occupent aujourd’hui un espace de communication plus engagé.

La bataille n’est pas pour autant gagnée car Internet progresse notamment chez les jeunes où il est le premier média d’information avec 19% de PDM pour les 18-24 ans contre seulement 3% pour les 55-64 ans.

Cela laisse donc du temps aux chaînes nationales qui ont une grande crédibilité auprès de leurs téléspectateurs pour se développer sur Internet avec leurs marques et la confiance des consommateurs.

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source Reuters UK

par Edgeminded publié dans : Débats
 

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