Informations, prospectives, analyses et conseils en stratégies Médias – Internet - Télécom

 

Rester en contact

  Christian Jegourel

 

    



View my profile on YouVox Network

Présentation

 

EdgeMinded est partenaire et intervient avec :

Lundi 21 avril 2008

Etrange décision que le gouvernement a pris de renoncer, pour le moment, à attribuer une 4ème licence mobile sensé apporter un surcroit de concurrence dans les tarifs.

Si rien n’est définitivement arrêté, suivant la formule habituelle, les informations qui transpirent laissent penser que l’attribution sera reportée.

Alors que tout semblait en bonne voie et que plusieurs prétendants étaient nettement intéressé (Illiad et Numéricable), la volte face étonne. Surtout qu’au-delà d’un report en 2011, il s’agirait de fractionner cette 4ème licence à l’instar de ce qui s’est fait avec les licences Wimax.

Cette décision de report avantage clairement les acteurs existants et plus particulièrement Bouygues Telecom mais également Bolloré Telecom qui possède des licences Wimax. En effet, ce dernier pourrait concourir à des licences de téléphonie mobile sur les régions sur lesquelles il dispose déjà d’une licence wimax. De quoi faire de l’internet mobile couplé à de la téléphonie. Avec un accord de roaming il pourrait offrir une alternative nationale et faire le bonheur des opérateurs Orange SFR qui profiteront du roaming..

Tout le monde est content ?

Sauf Free qui voit s’éloigner la possibilité de construire une offre sérieuse fixe-mobile-internet et voix.

Pourtant le dossier de Free semblait même extrêmement sérieux il est donc surprenant que cette initiative soit abandonnée. Un 4ème opérateur aurait pourtant redynamisé ce marché détenus par France Telecom, SFR et BouygueTel peut enclin à se faire une guerre des prix. Rappelons que ces opérateurs ont d’ailleurs été condamnés pour ententes sur les prix.

Alors pourquoi ce revirement de l’état ?

Faut-il y voir les lobbyings de Bouygues et de France Telecom ? Le plus menacé par cette 4ème licence est indiscutablement BouyguesTel qui n’aurait plus eu d’autre choix que de se rapprocher d’un acteur puissant sur le marché de l’accès internet ou de racheter le calamiteux dossier Alice. Nul doute que le groupe éponyme ait fait pression pour éviter de se retrouver dans une impasse comme nous l’avions détaillé dans notre dossier (Les incertitudes chez Bouygues Telecom).

C’est en tout cas très dommage pour le marché français qui aurait pourtant eu grand besoin d’accélérateur de développement dans des offres mobile illimitées et le déploiement d’un quatrième réseau aurait offert des capacités de bande passante indispensables à des offres illimitées en data.

Après les déclarations sur les nouvelles taxes sur l’industrie de l’internet, les taxes sur les mobiles multimédia sur la copie privée, le gouvernement semble retomber dans les vieux travers étatiques plutôt que d’encourager l’adaptation et l’innovation.

Une forme de patriotisme économique ou de la sauvegarde industrielle ?

Une autre hypothèse, non exclusive de la première pourrait être la volonté de protéger les acteurs existants et leurs emplois, quitte à ne pas favoriser la baisse des coûts.

Cette stratégie se tient sur le plan industriel à long terme car si l’on fragilise FT, SFR et BouygTel avec le développement d’une offre chez Free, il y a un risque de voir passer un acteur télécom français sous le contrôle de fonds étrangers. Comme nous l’avions analysé dans YouVox Tech (Free dans une situation moyenne mais pas désespérée). En choisissant de renforcer les 3 opérateurs mobiles, l’état fait le choix de protéger le secteur d’une concurrence susceptible de détruire de la valeur et des emplois, sans parler des risques de délocalisation des centres de décision.

Le mécano industriel va certainement continuer entre Bouygues (TF1, BouygTel), Bolloré Médias et Free et il sera intéressant de voir comment va évoluer le paysage que nous avions analysé ici : Free, Numéricâble, Bouygues Telecom : 2008 l’année de tous les dangers face à Orange et SFR Neuf.

Mercredi 5 mars 2008

Si les négociations semblent bien engagées entre le portail californien et la filiale de Time Warner, les intérêts d’une fusion de ce type restent encore à prouver.

D’après le Wall Street Journal qui rapporte que les dirigeants des deux entreprises étudient sérieusement cette option pour contrer l’offre de Microsoft, il n’est pas sûr que les actionnaires et les employés de Yahoo soient gagnants dans cette opération.

Il devient clair que l’équipe dirigeante de Yahoo, Steve Chen en tête est totalement opposée à un rachat par Microsoft malgré la prime de 60% sur le cours de bourse du portail.

Néanmoins les options ne sont pas nombreuses pour Yahoo car il n’y a pas d’autre entreprise capable de débourser plus de 40 milliards de dollars pour mettre la main sur une dotcom en difficulté.

Pris isolément Yahoo est dans une situation calamiteuse prise en sandwich entre Google dans la recherche qui truste l’essentiel des budgets publicitaires du segment et la montée en puissance des sites de contenus pilotés par les groupes de médias américains. Sans compter la progression constante des réseaux sociaux, comme MySpace ou Facebook, qui promettent de s’accaparer une part importante des recettes publicitaires, appuyée par des audiences record.

Pas simple donc pour un portail de contenus et services de résister à cela et l’avenir de Yahoo, comme entreprise indépendante, semble très marqué du déclin.

Des intérêts divergents

On comprend bien la position de Steve Chen à rechercher une fusion avec AOL où Yahoo aurait le leadership et ou le fondateur du portail aurait la main mise sur l’ensemble. L’intérêt de Time Warner est également perceptible puisque le groupe de médias ne sait pas très bien quoi faire d’AOL et ne semble pas avoir de stratégie internet bien établie. Cela lui permettrait de valoriser son actif et de refiler le bébé à Yahoo. Au passage en ayant une part significative de l’ensemble qui lui garantirait un canal de distribution pour ses contenus.

Bonne opération pour tout le monde ?

Pas certain que cela plaise aux actuels actionnaires de Yahoo qui perdrait là une occasion de récupérer leur mise sans trop de casse avec l’offre de Microsoft.

Les employés de Yahoo ne doivent pas non plus être ravi car les métiers du portail et d’AOL sont sensiblement les mêmes et il y aura nécessairement des réductions d’effectifs. Bien que cela soient ceux d’AOL qui semblent les plus menacés car Yahoo à préparer une pilule empoisonnées en accordant des conditions de licenciement très généreuses à ses employés en cas de rachat.

Une stratégie peu claire

L’intérêt stratégique même d’une fusion est discutable car les entreprises sont sensiblement sur le même créneau mais surtout elles sont en perte de vitesse toutes les deux. Cela n’augure pas d’une dynamique de progression importante car si les dirigeants d’AOL et de Yahoo avaient eu une vision claire de leur stratégie passée, ils ne seraient pas dans cette situation. Un mariage de deux malades a rarement donné de bons résultats.

A l’inverse une fusion, ou un rapprochement avec Microsoft fait du sens pour les deux entreprises car cela donnera à Yahoo une meilleure assise dans la technologie qui lui fait défaut par rapport à Google et donnera à Microsoft une audience importante qui manque à MSN. Cela permettra également de renforcer leurs positions dans le mobile où Microsoft est fort avec son système d’exploitation Windows Mobile et Yahoo avec ses offre de recherche et de gestion publicitaire.

Sur ce dernier point, la force de frappe de Yahoo et de eQuantive, racheté en 2007 par Microsoft donnerait naissance à une régie capable de concurrencer Google.

Enfin les dirigeants de Time Warner devraient prendre conscience que l’objectif des dirigeants de Yahoo est d’échapper à tout prix à Microsoft car pendant le même temps ils étudient toujours un rachat de MySpace par le portail et où News Corp garderait une part de l’ensemble. Le même scénario pour Steve Chen qui conserverait la direction de l’ensemble.

Conclusion, je parie toujours sur un rapprochement avec Microsoft car si les dirigeant de Yahoo s’entêtent à essayer de se rapprocher d’AOL, après avoir essayé vainement avec ou de News Corp/MySpace, les actionnaires vont intensifier les plaintes pour destruction de valeur et de spoliation de leurs intérêts.

Pour le moment les dirigeants de Yahoo pourraient toujours argumenter qu’en proposant une alternative « crédible » cela permet de mettre la pression sur Microsoft qui pourrait relever son offre de rachat.

Un bien joli coup de poker comme je les aime mais d’après certaines sources américaines, il semble que Microsoft ne soit pas dupe et reste très confiant dans son offre actuelle. Il faut rappeler que beaucoup d’actionnaires de Yahoo sont en même temps de gros actionnaires de Microsoft et que si le géant de Seattle relevait son offre, ils perdraient d’un coté ce qu’ils pourraient gagner de l’autre. Et comme la valorisation de l’éditeur de Redmond est huit fois supérieure au portail californien, le calcul est vite fait.

Articles en relation :

Yahoo rejette l’offre de Microsoft, en première lecture…

L’avenir de Google se joue maintenant et l’OPA de Microsoft sur Yahoo va l’obliger à réagir

Microsoft-Yahoo contre Google : les parts de marché respectives

Yahoo tente de brouiller les cartes avec AOL

Microsoft pourrait relever son offre sur Yahoo

News Corp n’est pas intéressé par Yahoo

Microsoft propose 44,6 milliards de dollars pour racheter Yahoo !

Yahoo prévoit de supprimer 5% de ses effectifs

Lundi 3 mars 2008

Pour Bouygues Telecom, l’année 2008 sera l’année des grosses décisions stratégiques. Le groupe a jusqu’ici évité ce type de décision à l’exception notable et justifiée de son refus d’investir dans une licence UMTS au pus fort des spéculations.

Depuis, le soufflet est retombé et le prix de la licence 3G avait été ramené à 619 millions d’euros, compatible avec les finances de l’opérateur et la gestion prudente de Martin Bouygues.

Sur ce plan on pourrait comparer Bouygues Telecom et Free qui sont pilotées, toutes deux, par des actionnaires soucieux de leur bonne rentabilité et qui ne se lancent pas dans des investissements hasardeux ou des stratégies risquées. Le problème c’est qu’à force de ne pas prendre de décision, le marché avance sans vous.

C’est ce qui menace Bouygues Telecom qui n’a pas assez vite investi dans l’accès internet pour compléter son offre mobile.

Il faut rappeler que la filiale Telecom de Bouygues est en vente, officieusement, depuis au moins deux ans et que Martin Bouygues en veut au alentour de 10 milliards d’euros. Cela ne facilite par la reprise…

Donc dans l’incertitude de savoir quel serait ses actionnaires et son périmètre, l’opérateur a laissé passer plusieurs opérations qui auraient pu lui permettre de mieux se positionner dans les offres quadruples play. Car la concurrence va bien se placer sur ce terrain comme nous l’avons vu dans l’article d’introduction de ce dossier (Free, Numéricâble, Bouygues Telecom : 2008 l’année de tous les dangers face à Orange et SFR Neuf).

Avec TF1 et une expérience audiovisuelle importante Bouygues Telecom aurait pu être idéalement placé face à Vivendi et France Telecom. Il est inconcevable que Bouygues Telecom n’ait pas participé à la consolidation du secteur et laissé Neuf s’emparer successivement de partie FAI d’AOL France puis de Club Internet.

C’est une erreur qui va maintenant se payer très cher et si Bouygues Telecom était une entreprise cotée en bourse le cours serait en chute libre. Faut-il d’ailleurs y voir une relation mais la valorisation de la maison mère a baissé d’un tiers depuis fin octobre 2007 avec rien moins que 10% de chute durant ces derniers 5 jours. Les perspectives sur le titre à court-moyen termes ne sont d’ailleurs pas très bonnes même si certains gérants croient encore en la valeur avec les perspectives de rapprochement avec Areva.

L’opérateur a semblé prendre conscience néanmoins de sa faiblesse en rachetant les équipements de feu Club Internet que lui a revendu Neuf après l’acquisition en 2007. Nous pouvions nous attendre à ce que Bouygues Telecom lance une offre ADSL dès 2008 mais le groupe a annoncé il ya quelques jours que ce ne serait pas avant 2009.

Est-ce uniquement un problème technique ou le groupe mise sur la vente, maintenant certaine, d’Alice pour se refaire ?

Si Bouygues Telecom souhaite acquérir Alice, la compétition va être rude avec Numéricâble qui a bien besoin également de la filiale française de Tiscali. L’annonce, la semaine dernière du lancement d’une offre ADSL, chez le câblo-opérateur, ne suffira pas pour rattraper le retard massif sur ses concurrents en nombre d’abonnés à l’internet et le rachat d’Alice lui permettrait de réellement peser sur ce marché.

Bouygues va donc devoir sortir son portefeuille pour l’emporter d’autant que Numéricâble a tout à perdre si Bouygues Telecom emporte le FAI. C’est que le câblo-opérateur a également besoin d’une offre mobile comme nous l’expliquions ici. Si Bouygues Telecom rachète Alice, il se suffira à lui-même alors que si l’opérateur ADSL lui échappe il devra composer avec quelqu’un. Cela pourrait être avec Free, il y déjà eu des négociations en ce sens, mais le trublion de l’internet est candidat à la 4ème licence mobile. Plus que jamais le paysage télécommunication en France est suspendu à ces trois acteurs qui se regardent en je t’aime moi non plus. Avec deux entreprises dirigées par deux patrons propriétaires et la 3ème détenue majoritairement par deux fonds anglo-saxons, la partie s’annonce intéressante.

Quoi qu’il en soit c’est en 2008 que tout va se jouer pour ce trois là.

Articles du dossier en relation :

- Free, Numéricâble, Bouygues Telecom : 2008 l’année de tous les dangers face à Orange et SFR Neuf

- Free dans une situation moyenne mais pas désespérée

- Numéricâble joue sa dernière carte en 2008 ?

Jeudi 21 février 2008

Le câblo-opérateur est dans une situation très délicate voire désespérée sans mouvement de grande ampleur. Il lui faut impérativement accroître considérablement sa part de marché dans l’accès internet et se positionner sur le mobile.

Le rachat d’Alice serait une solution de sortie intéressante pour Numéricâble qui est parti sur une mauvaise stratégie marketing et perception du marché.

En 2006, après la fusion entre Noos et Numéricâble et les diverses concentrations dans ce secteur, les dirigeants du groupe annonçaient fièrement que la télévisons HD et les capacités du câble seraient une « killer application » pour déferler sur le marché.

La réalité est tout autre puisque les contenus HD sont aujourd’hui quasi inexistants et que les problèmes de réseaux chez Noos ont entrainé une image de marque calamiteuse du câblo-opérateur. En revanche le marché est tiré par l’abonnement à internet et les fournisseurs d’accès proposent des contenus et services audiovisuels largement suffisants par rapport au parc actuel de téléviseurs.

Hors, chez Numéricâble le nombre d’abonnés à Internet est ridiculement faible par rapport aux trois premiers. Il est donc essentiel de se développer par croissance externe.

Si le rachat de Club a échappé à Numéricâble, la récente entrée dans le capital du fond Carlyle, à un tiers de la valorisation estimée en 2006, devrait donner au câblo les moyens de ses ambitions. Reste à savoir si les actionnaires seront capables de débourser plus de 600 millions d’euros pour racheter Alice puis plus de 600 autres millions pour la 4ème licence mobile s’ils l’obtenaient.

Les fonds d’investissements sont en effet confrontés à la crise de liquidité depuis l’affaire des subprimes qui s’est encore aggravée depuis les ennuis financiers du fond KKR. Ce fond risque d’être à cours d’argent frais et ce risque pourrait se répercuter sur l’ensemble des fonds d’investissements. Cela générait certainement pendant plusieurs mois la capacité de Cinven et de Carlyle s’il fallait réinjecter de l’argent dans Numéricâble.

Néanmoins ils n’ont pas trop le choix car s’ils ne mettent pas ma main sur Alice, ou un autre FAI, le déclin est inéluctable et la perte sera sèche. Free serait bien inspirer de faire monter les enchères, sur Alice, pour fragiliser son concurrent dans la course à la quatrième licence mobile.

Car sur le mobile, Numéricâble n’est pas non plus en excellente posture, loin de là. Il a un accord MVNO qui ne lui permet pas de faire du quadruple play à des conditions intéressantes. Il est donc virtuellement écarté de la convergence fixe-mobile- internet. Il reste assez bien installé dans l’accès aux contenus audiovisuels mais ceux deviennent maintenant des produits d’appels pour les FAI et ne sont pas une « killer application »….

Il est donc nécessaire que Numéricâble se positionne sur l’accès internet et dans la téléphonie mobile.

Le rachat d’Alice lui donnerait accès à presque un million d’abonnés et une base ADSL non négligeable. A l’inverse il n’a pas d’expertise technique dans cette activité et il n’est pas sûr que les clients Alice ne migrent pas vers un autre opérateur au moindre souci de service. Ce serait donc payer très cher un actif à risque. Un rapprochement avec Free serait intéressant mais je ne pense pas que les dirigeants réciproques puissent cohabiter. Les fonds d’investissements qui possèdent à 70% le câblo-opérateur pourrait néanmoins pousser le PDG d’Altice, Patrick Drahy, à laisser son fauteuil chez Numéricâble si les perspectives continuaient à se dégrader.

Numéricâble a donc également intérêt à essayer d’acquérir la 4ème licence mobile à tout prix. Premièrement parce qu’il lui faut impérativement une offre mobile et deuxièmement parce que cela affaiblirait Free et pourrait pousser Xavier Niel à négocier. Free pourrait également se tourner vers Bouygues Télécom mais la négociation avec Martin Bouygues ne serait certainement pas plus simple qu’avec des fonds d’investissements. Les deux entreprises ont déjà été en discussions et rien n’a abouti. D’autres bruits non vérifiés laissent à penser un rapprochement Free/Bolloré… A suivre

Comme le calendrier semble être plus avancé pour l’obtention de la 4ème licence que pour la vente d’Alice, Numéricâble va tout faire pour l’emporter et la lutte risque d’être âpre même s’il ne sera pas simple de convaincre la commission d’attribution que Numéricâble peut être un meilleur opérateur que Free.

Une partie de la décision dépendra également de la capacité des acteurs à faire du lobby dans un sens ou dans l’autres et les opposants à ce que Free obtiennent la 4ème licence sont nombreux. A commencer par Bouygues qui souhaite marier Bouygues Telecom avec Free et qui devrait renoncer si le FAI obtenait la licence mais également France Telecom et SFR qui n’ont pas envi de voir arriver un concurrent à la réputation low cost.

Comme on le voit le dossier Numéricâble n’est pas simple et si sa candidature à la 4ème licence mobile n’est pas la plus sexy, la décision finale reste incertaine.

Articles du dossier en relation :

- Free, Numéricâble, Bouygues Telecom : 2008 l’année de tous les dangers face à Orange et SFR Neuf

- Free dans une situation moyenne mais pas désespérée

- Les incertitudes chez Bouygues Telecom (à venir prochainement)

Mercredi 20 février 2008

Le FAI est bien positionné dans l’ADSL mais sans offre mobile il ne peut combattre SFR-Neuf et Orange sur le quadruple play et sa taille ne lui permet pas de se positionner correctement dans l’accès à des contenus premium.

Avec la seule licence nationale en Wimax mais sans autorisation de faire du hand over cela peut lui permettre de déployer un réseau nomade avec voix sur IP mais sans couverture GSM il ne pourra pas se positionner sur le mobile. Sans licence mobile il ne peut donc pas avoir droit à l’utilisation des autres réseaux (automatique dès la couverture de 25% du territoire).

Un accord MVNO, possiblement avec Orange lui permettrait de combler partiellement cette lacune mais le rendrait dépendant. L’attribution de la 4ème licence mobile lui donnerait un atout supplémentaire pour concurrencer SFR et FT mais demanderait de gros niveaux d’investissements pour déployer à la fois la fibre et le réseau mobile. C’est néanmoins la seule option viable pour Free surtout depuis que l’état français peut proposer l’échelonnement du paiement des 619 millions d’euros de la licence.

Le problème pour Free c’est que s’il était le seul candidat à cette 4ème licence il y a quelques mois, cette licence est également vitale pour Numéricâble qui a maintenant les moyens de la lui disputer depuis l’arrivée d’un nouveau fond d’investissement, Carlyle, dans son capital.

Il n’est donc pas du tout sûr que Free l’emporte et sans cette licence son avenir s’assombri. S’il ne l’obtenait pas il lui faudrait impérativement faire un rapprochement avec Bouygues Telecom ou Numéricâble et ce serait la perte de pouvoir pour Xavier Niel. La filiale de Bouygues est en effet estimée près de 10 milliards d’euros alors que Free ne vaut « que » 3,5 milliards. Numéricâble a été valorisé environ 3 milliards mais l’ajout de la 4ème licence mobile lui offrirait des perspectives renchérissant sa valeur. L’attentisme prudent et pragmatique de Free qui a fait son succès jusqu’ici en ayant d’excellents ratios financiers pourrait aujourd’hui l’avoir desservi.

En tout état de cause ses marges de manœuvres seraient très réduites et il lui faut donc impérativement cette licence mobile sous peine de devoir déployer un réseau très dense en Wimax. Cette option l’entrainant vraisemblablement vers un rapprochement avec un industriel..

Parallèlement ses investissements dans le déploiement de la fibre optique devraient baisser avec la possibilité, pour les opérateurs, de se partager les réseaux. Mais là encore le choix, judicieux, de Free de la technologie Fiber To The Home (FTTH) favorise ses concurrents mais le dessert lorsqu’il veut utiliser l’infrastructure des autres FAI. Rappelons que les autres FAI (Orange er Neuf) ont choisi le FTTB (Fiber To The Building) qui raccorde la fibre jusqu’à l’immeuble puis mutualise ensuite le réseau entre les différents abonnés. Free a choisi de raccorder chaque abonné avec sa fibre propre ce qui garanti des débits plus importants mais coute un peu plus cher.

S’il doit ouvrir son réseau aux autres FAI ce ne sera donc plus un avantage concurrentiel pour lui mais il est obligé de la faire, légalement et économiquement pour amortir ses coûts de déploiement.

Dans l’accès aux contenus, Free est totalement absent. Il se contente comme Neuf, aujourd’hui de proposer ses « tuyaux » à plusieurs opérateurs de contenus comme Canal Plus, TF1 vision par exemple.

Cette stratégie économe et pragmatique pour éviter de se lancer dans un nouveau métier pourrait s’avérer difficilement tenable demain si Vivendi se lance dans la forfaitisation complètes de contenus-services.

Si l’économie de contenus numériques s’oriente, comme je le pense, vers de la forfaitisation, un groupe ayant accès à des contenus comme Vivendi sera avantagé. Orange développe à toute vitesse cette expertise et est le leader sur le mobile et comme FAI et intéressera nécessairement les ayants droits. Pour Free c’est autre chose….

Comme on le voit l’avenir du FAI indépendant va se jouer très certainement en 2008

Et vous qu’en pensez-vous ?

Articles en relation :

- Free, Numéricâble, Bouygues Telecom : 2008 l’année de tous les dangers face à Orange et SFR Neuf

- Numéricâble joue sa dernière chance

- Bouygues Telecom les décisions stratégiques ne peuvent plus attendre

 

Newsletter

Inscription à la newsletter

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Recherche

 
 
blog loisirs et détente sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus