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  Christian Jegourel

 

    

15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 13:14

WiMAX Baltimore par Somewhat Frank

Alors que la compétition fait rage chez les industriels partagés entre les technologies Wimax et LTE (Long Terme Evolution), c’est peut être le marché américain qui sera la clé du débat.

Le LTE est encore au stade de pré-test et ne devrait pas arriver sur le marché avant 3 ans, de manière opérationnelle, alors que les produits autour du Wimax commencent à être disponibles.

Après les investissements considérables de plus de 3 milliards de dollars de Google, Intel, Comcast et Time Warner dans Sprint/Nextel, c’est au tour des industriels d’annoncer la disponibilité de produits grands publics.

Laptops with Embedded WiMAX Chip par kenyaoa

Lenovo, Asus, Acer, Nokia et Toshiba annoncent que le Wimax sera intégré dans leurs PC portables dès 2009. Intel a en effet annoncé des composants mixtes Wifi/Wimax. Le prochain HTC HD devrait également être disponible sous Wimax et Androïd.

t8290-front-wimax par yoiggers

De quoi donner un accélérateur à cette technologie d’autant qu’Apple aurait également décidé de l’incorporer dans ses portables Macbooks (Apple et Korea Telecom pour le Wimax dans les MacBooks) et même dans les prochaines versions de l’iPhone.

Le déploiement du réseau de Clearwire, issu de Sprint/Nextel et Clearwire Inc, dans laquelle ont investis les géants des médias et de l’internet, est déjà bien avancé et la co-entreprise a déjà annoncé qu’elle couvrait les régions de Chicago, Baltimore, Washington DC, Dallas, Boston et Philadelphie.

Si le combat n’est pas gagné, car il faut maintenant convaincre les consommateurs, l’écosystème semble en bonne voie.

YouTube on a Nokia via WiMAX Baltimore par Somewhat Frank

Ce n’est pas sans poser un problème aux opérateurs mobiles leaders que sont ATT, Verizon et T Mobile qui ne possèdent pas de licence Wimax.

Un cas d’école que l’on retrouve en France où les opérateurs mobiles ont délaissés cette technologie au profit des évolutions de la 3G actuelle.

Les licences Wimax sont maintenant dans les mains de deux grands acteurs : Free, qui possède la seule licence nationale et Bolloré qui a racheté toutes les licences en vente et qui couvre presque toute la France.

Reste que ces deux trublions n’ont pas de licence mobile et doivent se contenter de la nomadicité, c’est-à-dire sans conservation automatique de la communication en cas de changement de cellule (Hand Over).

D’où l’importance de l’attribution de la 4ème licence que cherche à pousser l’Arcep malgré les freins des politiques.

L’arrivée d’un 4ème opérateur mobile doté d’une licence Wimax pourrait remettre en cause l’équilibre très lucratif des 3 opérateurs actuels en faisant considérablement baisser les prix. Xavier Niel, le fondateur de Free, a déjà annoncé qu’il s’engageait à faire faire près de 1000 euros d’économie par an à un ménage avec 4 abonnements.

En ces temps de récession, ce serait une bonne nouvelle pour les consommateurs.

Le problème c’est que les 3 opérateurs mobiles actuels déploient un lobbying intense pour éviter cela. Il faut donc leur proposer une contre partie.

Pourquoi pas l’autorisation de déployer du Wimax à partir de leur licence 4G actuelle ? Après tout 3G ou 4G ce n’est pas une question de technologie mais de débit.

Experimental WiMax high-speed link par ~mjx

Du tout IP en mobile on en rêve depuis longtemps.

Encore une fois c’est l’écosystème qui va décider si le Wimax peut l’emporter sur le LTE mais le fait que de plus en plus de fabricants d’électronique grand public emboitent le pas à Samsung et se préparent à intégrer le Wimax dans des équipements (caméras vidéos, APN, téléphones, laptops etc…) va sérieusement pousser le marché.

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50 millions de terminaux Wimax en 2008 aux Etats-Unis

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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 13:12

VIACOM par zsumoz

Si la situation de la presse américaine n’est pas une grande surprise après tous avertissements sur ces trois dernières années, les positions difficiles de grands groupes comme News Corp, Disney, Time Warner ou Viacom sont directement liées à la crise de liquidités.

Naturellement les entreprises qui se sont largement endettées subissent de plein fouet la contraction du crédit. Les groupes de médias ont déjà annoncé que leurs résultats seraient inférieurs aux attentes initiales, ce qui ne va pas les aider à refinancer leur endettement.

APTOPIX NEWS CORP DOW JONES par leasing2008

CBS a prévenu qu’il allait passer 14 milliards de dollars en goodwill pour refléter la perte de valeur de ses stations de radios.

A situation est pire pour Viacom qui a vu sa dette bondir de 1 milliard à plus de 9 milliards de dollars en un an. Rien que les intérêts lui coûtent plus de 200 millions par trimestre. Il va certainement lui falloir rééchelonner sa dette et renégocier avec des banquiers peu enclins à laisser filer des liquidités raréfiées. L’action du groupe a d’ailleurs baissé de 30% depuis fin juillet malgré le rebond de ces derniers jours.

Les autres groupes de médias n’ont pas encore annoncés de mesures de restructuration de leurs dettes mais il est fort probable qu’ils soient dans une situation comparable.

Earns News Corp par jasonrosenbaum2

La situation est bien pire pour les groupes de presse.

Le groupe Tribune a plus de 7 milliards de dollars de dette et va certainement devoir vendre des actifs et encore restructurer. Les deux autres grands du secteur : Gannett et McClatchy négocient également et se trouvent face à des banquiers qui relèvent leurs taux d’intérêts ce qui contribue à accélérer le déclin.

viacom freelancer walk-out par daniel arnold!

Nous ne sommes donc pas à l’abri de nouvelles faillites dans le monde des médias et si les groupes multimédias comme News Corp sont à l’abri, les groupes de presse sont de plus exposés à l’instar de Ziff Davis qui a déjà fait faillite.

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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 19:09

Alors que certaines études annonces une diminution du piratage sur internet, la sortie des nouveaux épisodes de la série américaine Heroes a fait dépasser les record de téléchargement en une journée.

Ce sont plus de 10 millions de téléchargements en une seule journée qui ont été enregistrés sur le seul site de Mininova et les autres enregistrent la même hausse de requêtes.

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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 19:08

Déjà frappé par la baisse des ventes et de la publicité commerciale, certains journaux nord américains se voient aujourd’hui couper les vivres du crédit.

Ces sont, sans surprise, les titres les plus endettés qui sont dans une situation critique.

Il faut donc s’attendre à de nouvelles vagues de licenciement dans un secteur déjà très atteint.

Jusqu’à quel niveau les journaux pourront-ils réduire leurs effectifs sans dégrader totalement la qualité éditoriale ?

Et si c’était le modèle même de journal qui était condamné ?

En tout les cas un élément qui va dans le sens des propos de Rupert Murdoch qui annonce la disparition des journaux imprimés dans 10 ans aux Etats-Unis.

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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 19:07

Youvox Tech a assisté ce matin à une présentation très intéressante de la société Trivium Soft sur son logiciel Eaagle Full Text Mapper.

L’approche de ce progiciel permet d’analyser et de cartographier des textes sans aucun travail préalable contrairement à de nombreux outil de text mining qui requièrent un apprentissage parfois long et complexe.

Eaagle est né d’un constat : l’ère de la communication a libéré l’expression libre via le Web et le succès des forums et des blogs, via les intranets des entreprises, et via des enquêtes d’opinion et de satisfaction permanentes. Chacun est invité à donner son avis sur tout, mais qui a aujourd’hui le temps et les moyens d’analyser ce flux continu d’information ?

D’un simple clic le logiciel Full Text Mapper analyse et cartographie des données sous différents formats : Word, Excel, PDF, PowerPoint, HTML. Ces données sont triées et les thèmes identifiés afin d’être cartographié et affiché avec une représentation visuelle. L’utilisateur peut éditer un rapport sans perte de temps et sans formation préalable.

Le but de cette technologie est d’identifier les occurrences de mots, de les lier entre eux et d’en donner une représentation graphique pertinente.

Les thèmes sont ainsi facilement identifiables quelle que soit leur fréquence. Même les signaux faibles sont pris en compte. La carte obtenue peut être explorée, modifiée à volonté. A partir de filtres et de tris croisés pertinents, l’analyse s’affine. Il est également possible de sélectionner les verbatims les plus représentatifs et d’exporter le rapport de synthèse qui reprend les thèmes identifiés et les verbatims associés

Comme le logiciel ne s’appuie pas sur une analyse sémantique, il est fonctionne dans toute les langues utilisant l’alphabet latin.

Mode d’emploi :

Etape 1 : Lancez FTM directement à partir de données brutes Word, Excel, PDF, PowerPoint, HTLM (sans aucune préparation requise)

eaagle1 par vous

Etape 2 : Explorer la carte, découvrez les thèmes

eaagle2 par vous

Etape 3 : sélectionnez les verbatim les plus représentatifs puis exportez le rapport de synthèse Word qui reprend les thèmes identifiés et les verbatim associés

eaagle3 par vous

Eaagle, présidée par Yves Kergall, repose sur une technologie de cartographie d’information. La société a été fondée par le mathématicien, philosophe et sociologue, Michel Authier, et par le philosophe et épistémologue, Michel Serres.

« Chez Eaagle, fidèles à la pensée de Michel Serres et Michel Authier, nous pensons que rendre visuelle l’information, aussi complexe soit elle, c’est rendre performants celles et ceux qui savent la transformer en valeur par l’action de l’intelligence : c’est notre métier, notre vocation. » souligne Yves Kergall, président d’Eaagle.

La société a également été sélectionnée par OSEO ANVAR et par MICROSOFT dans le cadre du programme IDEES+ (Initiative pour le Développement Économique des Éditeurs de logiciels et des Start-up).

De premiers clients ont adopté ce progiciel aux Etats-Unis et en Europe, parmi eux : Airbus S.A.S, Accenture, Cap Gemini CS, United Nations, Herman Miller...

Eaagle Full Text Mapper semble être une bonne solution pour prendre connaissance des quantités de textes que nous recevons chaque jour (emails, pièces jointes, revue de presse, recherches sur Intranet et sur Internet, courriers, rapports …)

La stratégie orientée B to B, éditeur de logiciel.

Si cet outil apporte un atout indéniable à certaines entreprises en leur permettant de rapidement de dégager des idées clés sur de grandes quantités de texte, cet outil peut également s’adresser au grand public pour améliorer la pertinence de la recherche d’un moteur comme Google.

A ce stade de développement c’est encore manuel puisqu’il faut tout d’abord importer les données sous forme de fichiers htlm, pdf ou texte, puis les analyser, mais la société d’origine française, également installée aux Etats Unis, travaille déjà à une offre permettant d’’indexer de sites web et d’en rapatrier les résultats sous forme de carte.

En voici un exemple avec l’analyse de textes issus des discours de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle.

Campagne Sarko par vous

Campagne Ségo par vous

Un autre exemple plus récent basé un widget qui recueille en temps réel les avis des internautes américains sur la campagne de Mc Cain et d’Obama. Vous pouvez d’ailleurs vous rendre directement sur le site en ligne : ici

Eaagle_voice your opinion_widget par vous

Nous avons également pu voir des exemples de raffinement de la pertinence après une recherche sur Google et l’utilisation d’ilots graphiques pour identifier et associer plusieurs termes, ce me paraît très judicieux.

C’est la raison pour laquelle je crois à la pertinence d’un produit de ce type mais j’ai un peu de doute sur la stratégie adoptée. Il reste bien sûr à le rendre encore plus simple d’utilisation pour le grand public voire de l’intégrer directement dans les processus de recherche d’un moteur en ligne.

Et c’est sur ce point que la stratégie de Trivium me paraît peu agressive, voire décalée. Fidèle à son marché actuel, Trivium Soft est parti sur un mode commercialisation à la licence auprès d’entreprises ou avec des partenaires comme Accenture. Pour ma part je pense qu’il serait plus judicieux de faire une spin off de cette activité et de créer une autres entreprise dédiée à Eaagle.

Cela permettrait d’adresser une tout autre clientèle et dans un premier lieu les moteurs que sont Google, Yahoo et Microsoft mais également les acteurs plus petits et plus ciblés comme Ask.com. Plus largement tout le marché des éditeurs de sites web.

Parallèlement j’envisagerais la tournée des VC américain, même si la période n’est pas des plus fastes, il y a toujours de VC actifs. Une levée de fonds aux Etats-Unis crédibiliserait encore plus la technologie. Peu de doute que cela déclencherait l’intérêt d’un gros du marché en vue d’un rachat de technologies ou d’un accord pluriannuel très lucratif.

Et vous qu’en pensez-vous ?

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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 19:04

Le Président de la République commence son discours avec un résumé d’une situation bien française et d’entrée de jeu assène que cela ne peut plus durer, que la crise est structurelle avec le numérique mais que les coûts d’impression et de diffusion sont trop élevés.

L’une de ses premières phrases reprend le manque de puissance financière des groupes de presse et perte relative de la confiance des lecteurs.

Le ton est donné et les envolées lyriques viennent contrebalancer les messages forts : « ce qui est mauvais pour la presse est mauvais pour la démocratie », « la presse doit être rentable tout en restant un produit qui ne doit pas être soumis aux seules forces du marché ». etc…

Bon jusqu’ici on ne peut qu’être d’accord avec lui. Viennent ensuite le cas (le mot est bien choisi) des aides à la presse.

Si le président insiste sur le rôle d’Internet et des gratuits qui aggravent les problèmes, ils ne les ont pas créés.

Nicolas Sarkozy rappelle que l’état est dans son rôle en proposant ces état généraux surtout car il dépense 1 milliard d’euros d’aide publique. Oui oui nos journaux sont financés à hauteur de 10% de leurs revenus par les contribuables, c’est le président qui le rappelle.

La question que ce pose légitimement Nicolas Sarkozy est de savoir si ces subventions atteignent les objectifs fixés et s’il faut faire évoluer le modèle pour conserver une presse indépendante et pluraliste sans tabou ni corporatisme…

Le kiosque à journaux - Paris, octobre 2006 par Seb C

Sarkozy revient sur la division entre les éditeurs sur la distribution…

Le président veut un diagnostique et des solutions. Il insiste sur l’inutilité d’un cahier de doléances, ou d’un nouveau rapport et il souhaite des changements à mettre en œuvre tout de suite.

A ce moment on ressent que ce discours a été écrit à plusieurs mains et que le Président y a ajouté sa griffe. Cela donne des éléments un peu contradictoires mais finalement n’est-ce pas le bon endroit pour déclencher un débat ?

Baisse de la diffusion, baisse de la publicité, effondrement des annonces, la presse ne peut faire face à la mise en place des 35 heures et de renchérissement des matières premières.

La presse numérique n’est pas un modèle alternatif rentable

Je vous invite à regarder ce passage car c’est un moment d’anthologie dans le ton. (Time code 11:30)

« Comment la presse sur internet pourrait être rentable alors qu’elle est gratuite pour le lecteur, beaucoup moins chère pour l’annonceur et soumise à une concurrence sans limite, sans limite »

« Au-delà de l’impasse économique c’est le modèle de l’écrit qui est en cause et qui est fondamental pour le débat public ».

« Lire un quotidien c’est se mettre en situation de recevoir une information sur le monde. »

C’est pour le président une démarche différente de celle de recherche une information sur internet. Et la lecture d’un site de presse sur le net c’est quoi ?

On perçoit là une véritable fracture numérique, non pas de l’accès mais de la manière dont comprennent le net, la majeure partie de la génération du Président de la République.

Il est plus avancé que le président précédent qui avait voulu taxer les ordinateurs en 1991 pendant que Bill Clinton mettait en place les « autoroutes de l’information » mais 17 ans plus tard, le décalage me semble le même.

Ce qui m’inquiète le plus c’est quand le président dit que c’est à l’état de créer le modèle économique qui permette à la presse de vivre. (time code 12:40).

On nage en plein interventionnisme mais surtout les usages ont changés et les modèles doivent s’adapter.

Lorsque la technologie a produit le disque vinyle, cela a créé une industrie de la musique. Avec la télévision se fut une industrie de la vidéo. Aujourd’hui nous avons internet et cela déclenche un raz de marée sur l’existant.

Le Président n’y pourra rien et même s’il a raison de stigmatisé la prédominance des groupes américains sur le web, ce n’est pas avec des protections illusoires que la France pourra se doter d’une industrie des contenus sur les médias en ligne à la hauteur de l’enjeu

Linotype au journal Le Monde par luc legay

La presse a besoin d’investir

Nicolas Sarkozy précise qu’il faut combattre la paupérisation des contenus et la paupérisation des rédactions avec les plans sociaux. Une petite complainte sur la faiblesse des salaires et de la précarité des journalistes. Moi je veux bien mais qui va payer toutes ces évolutions, le consommateur ? Il est déjà surchargé d’information non payante.

Nicolas Sarkozy croit fermement à la presse payante on s’appuyant sur la nécessité d’information triée, hiérarchisée et validée. On ne peut qu’être en adéquation avec cela, reste à savoir si la réalité économique le permettra dans des conditions normales de marché. Si l’on passe à 100% d’aides publiques on pourrait peut être mettre des groupes de presse dans le giron de France Télévision ?

C’est peut être une idée sous jacente dans le discours qui veut constituer des groupes pluri médias. Soit privatiser France Télévision, soit nationaliser certains titres de presse…

Redevenons sérieux….

« Je crois en l’avenir de l’écrit et la presse payante, je ne crois pas qu’il arrivera un jour où plus personne ne sera prêt à payer pour de l’analyse et de l’investigation ». (time code 16:30).

Nous touchons là peut être l’un des points clé de divergence entre la vision des modèles économiques des contenus basés sur la vente à l’acte. J’ai déjà eu l’occasion de parler de cela mais je ne crois plus à ce modèle qui va passer, largement, à la forfaitisation. In fine le consommateur paiera pour son information mais c’est le modèle de captation de la valeur qui doit évoluer et ce n’est pas en subventionnant plus que l’on permettra à des groupes nouveaux de se constituer sur un nouveau modèle.

« La gratuité est une vue de l’esprit et la mort de la presse écrite » Time code 17:15.

Il se contredit en vilipendant le sous investissement des éditeurs sur internet et leur reproche de mettre gratuitement les contenus sur le net en se faisant leur propre concurrence alors que précédemment il se félicite des bonnes audience des sites de presse sur internet en adéquation avec le besoin des consommateurs de se tourner vers des marques fortes.

Le premier point c’est que la gratuité n’existe pas mais que le moyen de financement peut être détourné. C’est la clé de la presse de demain : savoir subsister sans la vente au numéro.

« Je ne crois pas au basculement brutal et total de la presse vers l’univers numérique ». J’abonde sur le premier point car cela se fait graduellement. Sur le second je m’inscris évidemment contre car je pense que le papier disparaitra, en majeure partie, d’ici une dizaine d’années.

Non pas qu’il n’y aura plus de consommateurs potentiels mais plutôt parce qu’il n’y aura plus de modèles économiques viables pour la diversité d’aujourd’hui.

Il restera, bien sûr, quelques titres papiers, extensions de puissants sites web et groupes multi supports mais ces supports papier seront gratuits pour le consommateur et en très petits nombres.

« L’essentiel n’est pas de protéger le papier mais de protéger l’écrit »

C’est quelques secondes après la phrase précédente et cela a probablement été écris par une autre « main ». Au moins ici on est plus moderniste et je partage tout à fait cette opinion. C’est justement sur ce point qu’il faut rebondir.

Journaux par Ivan Constantin (70's)

La presse a besoin d’aides mais les réformes sont une obligation.

Le président aborde une seule fois les blogs et les sites participatifs et l’on perçoit qu’il ne les apprécie guères. Mais les connaît-il vraiment ?

Il est dans son discours libéral pur et dur mais on sent qu’il ne fait pas parti des « digital native » et n’a pas pris conscience des modifications profondes de la consommation des contenus.

Le président insiste sur le droit d’auteur qui doit être défendu mais sans tabou et pense qu’il est inconcevable qu’un article ne puisse pas automatiquement être diffusé sur plusieurs supports.

Le président rappelle que la presse est une industrie et doit être modernisé. Les salaires de la distribution doivent augmenter, mais comment le financer alors que le coût des journaux est le plus élevé d’Europe.

Il fait une faible allusion aux problèmes de la presse dans d’autres pays et aux Etats Unis en particulier où un patron comme Rupert Murdoch annonce la disparition du papier dans 10 ans (Rupert Murdoch prédit la fin des journaux imprimés)

En conclusion le président n’a pas intégré le renouveau du modèle économique des contenus rendu possible par la mise en ligne de particulier entres eux.

On reste dans l’esprit que la technologie n’est qu’un « outil » permettant d’améliorer les choses et non pas un vecteur de nouveaux modèles économiques.

Espérons que les groupes de travails mettrons en avant que la technologie à ouvert une époque de croissance et de création d’une industrie et que cette même technologie, aujourd’hui, tant à refermer la même fenêtre pour en ouvrir d’autres.

Le président à par contre tout à fait raison sur les problèmes de concentration et sur l’importance de la marque qui doit être déclinée multi supports.

Tout n’est donc pas perdu mais il faudrait quand même que la prise de conscience du monde qui s’ouvre à nous ne peut se développer sur les bases d’aujourd’hui. Il y a une rupture, nous ne pouvons la bloquer, tentons d’en tirer profit pour le bien de tous.

Le président à rappelé que les aides à la presse représentaient 1 milliards d’euros par an payé par les contribuables, soit 10% des revenus. Faut-il les nationaliser comme les banques afin de garantir une pluralité de l’écrit ?

Qu’en pensez-vous ?

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Le quotidien américain, New York Sun va fermer

Un journal californien teste la délocalisation en off shore une partie de sa rédaction

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L’intervention vidéo de Nicolas Sarkozy :



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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 19:03

P1010019 par vous

L’opérateur virtuel debitel lance le 1er octobre la marque Simpleo avec l’ambition de proposer une offre de téléphonie mobile grand public plus simple, donc moins chère. Simpleo proposera aux consommateurs de revenir à l’essentiel et au bon sens en matière de téléphonie mobile, c’est-à-dire de communiquer moins cher et sans se retreindre en évitant les options et services inutiles.

« Notre parti-pris est de prendre le contrepied des offres actuelles, basées sur une fuite en avant dans la complexité et les technologies mais sans réel bénéfice pour le consommateur et sans effort de prix », précise Jean-Michel Neyret, PDG de debitel. « Avec Simpleo, nous allons proposer une offre transparente pour téléphoner et envoyer des SMS, tout simplement ».

Sur un marché qui recèle encore un fort potentiel de croissance, Simpleo se positionnera comme l’opérateur qui simplifie la téléphonie mobile et propose le meilleur prix. L’attente de simplicité étant universelle, tous les consommateurs peuvent être concernés sans distinction d’âge, de style de vie ou de revenus. Néanmoins, Simpleo s’adresse en particulier à deux comportements identifiés par une récente étude TNS* : les 5.7Millions de « Techno Hésitants » et les 9.4Millions d’« Economes Malins ».

Le discours est simple, l’équipe paraît motivée et l’on est tenté de croire en leur succès. Je partage volontiers l’analyse d’un besoin d’offres simples et d’entrée de gamme face à des économies nécessaires sur un tas de services et des arbitrages dans le budget des ménages. L’incertitude vient plutôt des circuits de distribution, nerf de la guerre de cette industrie.

L’opérateur va s’appuyer sur une distribution directe à travers internet et son centre d’appel de 83 personnes basé en banlieue parisienne.

Simpléo voit grand et prévoie un budget de communication de 8 millions d’euros sur le dernier trimestre 2008 en s’appuyant sur des supports premium et TF1 en particulier.

Souhaitons leur bonne chance si cela peut permettre de faire baisser les coûts de téléphonie mobile qui sont très élevé en France. Pour rappel, aux Etats-Unis vous pouvez avoir des forfaits de 1000 minutes pour 60 euros.

La vidéo de présentation de Jean Michel Neyret le PDG !

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18 septembre 2008 4 18 /09 /septembre /2008 16:00

box 3-4 dessus par vous

Décodeur 3-4 par vous

L’opérateur éponyme présentait ce matin à la presse sa set top box ADSL fabriquée par Thomson et devant lui permettre d’entrer sur le marché de la fourniture d’accès à Internet. Cela fait de long mois que l’opérateur prépare l’entrée sur ce marché et connaissant le sérieux marketing de la maison rien ne sera laissé au hasard.

Le lancement officiel aura lieux le 20 octobre.

Détaillons donc cette offre d’accès.

Celle-ci s’architecture autour de deux boitiers, l’un pour l’accès à Internet (le blanc), l’autre pour la connexion aux services de télévision (le noir).

Rien de bien nouveau donc, cela est calé sur le meilleur set top box du marché avec 4 sorties réseau, deux prises USB etc… Notons quand même un disque dur de 120 Go dans le boitier TV.

La connectique entre les boitiers se fait par Ethernet ou par courant porteur de ligne mais il faut acheter les adaptateurs en plus contrairement à Free qui les comprend dans son offre de base.

Ce n’est donc pas sur la partie hardware que Bouygues Telecom fera la différence et ce n’est pas trop une surprise car sur ce point ces concurrents ont déjà pas mal innové.

Mosaique par vous

Sur le plan des offres tarifaire, on retrouve un accès d’entrée de gamme à 19,90€ pour l’accès internet uniquement, une offre à 29,90 € en ajoutant des programmes TV et la téléphonie IP.

Jusqu’ici rien donc de nouveau non plus qui puisse faire la différence. Si l’on compare l’offre d’entrée de base, mieux vaut, sur la plan tarif/performance, choisir Numéricâble qui propose du « jusqu’à 100 Mo » pour le même prix et sur le reste les autres FAI sont déjà bien installés sur le marché.

Bouygues Telecom a donc sorti une offre intégrant un accès au mobile pour 10 euros de plus. Concrètement pour 39,90, l’opérateur propose l’accès internet, les programmes TV, la téléphonie IP vers les fixes plus 3h de communication vers les mobiles de tous les opérateurs français. Cette offre est même doublé à 6h pour les abonnés Bouygues Telecom mobile sauf prépayés.

Economiquement parlant pour les utilisateurs de téléphonie fixe qui appellent beaucoup vers les mobiles cela peut représenter une économie substantielle jusqu’60 euros par mois.

L’autre question que l’on peut se poser c’est de savoir si ce type d’offre peut être imitée économiquement par Free ou Numéricâble qui n’ont pas d’offre mobile dans leur périmètre ou si cette offre est rendue possible par les tarifs spécifiques que Bouygues Telecom obtient par roaming sur les autres opérateurs. Les interlocuteurs de Bouygues FAI n’ont pas su me répondre sur ce point. Ce point pourrait faire l’objet d’un litige juridique avec Free ou Numéricâble qui pourrait voir là une forme de distorsion de concurrence.

Reste ensuiteà savoir cet argument vers les mobiles suffira à décider un client de changer d’opérateur.

Car le problème est bien là. Nous sommes dans un marché déjà consolidé qui croit moins vite que dans le passé. Il reste bien sûr à conquérir de nouveaux abonnés mais les autres FAI ne vont pas se laisser faire et la partie est difficile pour le nouvel entrant.

Bouygues Telecom compte sur son marketing pour transformer ses clients mobiles en client internet sur l’année 2008. C’est sur l’année que la conquête sur les autres FAI et sur de nouveaux clients devrait s’intensifier.

On comprend bien la logique de Bouygues de se lancer sur ce marché avec la perspective des offres convergentes quadruple play, il fallait à l’opérateur une offre de FAI. Les négociations avec Free ayant échouées et ce dernier cherchant à se lancer dans le mobile, il était impératif à Bouygues de développer une offre en propre.

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Rien n’est gagné.

Ce marché est en concentration depuis plusieurs années avec les rachat de Télé2 ? de Club Internet et plus récemment d’Alice par Free. Il reste peu de place pour un nouvel entrant et comme les frais fixes d’infrastructure sont très élevés, la taille critique est indispensable. Alice qui comportait presque 1 millions d’abonnés n’a jamais été rentable, comment Bouygues Telecom pourrait faire mieux ? Il est probable que les coûts marketing soient très inférieurs à ceux de l’ex filiale de Telecom Italia mais cela pèsera dans la balance.

L’un des atouts de Bouygues ce sont ses boutiques qui représentent autant de points de vente vers une clientèle souvent désorientée par les services clients des FAI.

Numéricâble cherche d’ailleurs à étendre son réseau de boutique sur le même constat.

Néanmoins Darty qui comptait sur cet argument pour se lancer sur ce marché à déchanté avec 100000 clients sur les 400000 prévus.

Le spécialiste de l’électro ménagé pouvait pourtant compter sur son implantation il a pourtant failli. L’opérateur mobile fera-t-il mieux ?

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Le véritable avantage client est celui d’un abonnement unique tout compris entre plusieurs mobiles du foyer et un accès internet unifié mais nous en sommes encore loin compte tenu de la destruction de valeur que cela impliquerait et que ne peut faire un nouvel entrant qui doit investir dans un réseau.

Vivendi et Orange ne semble pas non plus tentés par une offre de ce type tant que la pression concurrentielle ne sera pas plus forte et Free ne peut rien faire tant qu’il n’a pas de licence mobile, s’il l’obtient un jour.

Comme on le voit toutes les stratégies des opérateurs mobiles et d’accès internet seront dépendantes de la décision autour de la 4ème licence mobile. Si Free obtient cette licence, il pourra lancer comme l’a annoncé Xavier Niel, son fondateur, une offre de téléphonie discount qui mettrait la pression sur les opérateurs existant les forçant à faire du quadruple play. Ce scénario serait catastrophique pour Bouygues Telecom car il n’aurait pas le temps d’amortir son réseau ADSL. Nul doute que le lobbying de Martin Bouygues est à la manœuvre.

Et vous qu’en pensez vous ?

L’interview vidéo de Franck Abihssira, Directeur FAI Grand Public

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18 septembre 2008 4 18 /09 /septembre /2008 15:59

P1000903 par vous

L’arrivée cet été de dirigeant semble marquer une nouvelle étape pour Numéricâble avec un patron qui parle de stratégie et qui parait plus crédible que ses prédécesseurs.

L’une de ses premières décisions fut d’ouvrir une division « opérateur » afin louer son infrastructure à d’autres entreprises. Numéricâble pourra s’appuyer sur Completel que l’opérateur a racheté en 2007.

Pierre Danon a rappelé l’histoire de Numéricâble en partant de la concentration en Europe réalisée depuis Altice, la holding luxembourgeoise de Patrick Drahi, rejoint par les fonds Cinven et Carlyle.

Présenté de cette manière, l’histoire paraît presque idyllique, tout saluant la gestion des débuts, Pierre Danon décrit les rachats successifs avec Noos et UPC France.

Cet ensemble actif dans le résidentiel va maintenant se développer également sur le marché entreprise.

En 2007 le fond Carlyle a rejoint l’ensemble mais souvenons nous sur les bases d’une capitalisation d’un peu plus de 3 milliards d’euros. Pierre Danon se félicite d’être à la tête d’une structure estimée à 6,5, il y a eu une inflation à la hausse ?

Il est normal que le dirigeant présente favorablement son entreprise surtout en arrivant mais la tâche ne sera pas simple.

L’infrastructure de Numéricâble

C’est, des dires de son dirigeant, l’élément le plus constituant de l’opérateur. Il y a un réseau provincial très ancré en France avec 9,6 millions de prises. Numéricâble a complété, un peu tardivement, ces opération avec de l’ADSL.

Le marché B to B sera opéré avec la marque Completel et cela s’inscrit dans la stratégie actuelle du groupe de se positionner sur le B to B.

Pierre Danon est donc très clair dans la feuille de route du câblo-opérateur en indiquant que l’objectif numéro 1 est de rentabiliser les infrastructures et de s’auto financer. On sent la pression des deux fonds d’investissements dans le capital.

Cela n’exclu pas le marché de la PayTV et Pierre Danon décrit le marché avec sa vision de 3 « grosses » entreprises très riches que sont Orange, Vivendi et Bouygues et deux « petites » que sont Free et Numéricâble. Les intéressés apprécieront.

Dans cette position de « petite » entreprise le patron de Numéricâble précise que la taille critique est atteinte, en tout cas sur la payTv pas sur l’accès internet.

Le CA est 1,3 milliards d’euros en 2008, le capex sera entre 250 et 350 millions d’euros sur le réseau en fibre optique.

Cela permettra au groupe de poursuivre et d’auto financer le développement du réseau. Pierre Danon rappelle que tout sera en auto financement, ce qui semble logique compte tenu de l’état des marchés financiers et des soucis que rencontrent les fonds actionnaires de Numéricâble.

La diversité des réseaux câblés vieillissants a obligé le groupe à moderniser à marche forcée l’ensemble de son infrastructure.

Malgré tout les villes éloignées du backbone ne sont pas économiquement rentable et pour le moment rien de nouveau.

L’actif principal de l’operateur étant son infrastructure, la stratégie est donc d’élargir les services et naturellement d’accroître la part d’abonnés à internet.

L’objectif est de numériser l’ensemble du réseau en fibre optique jusqu’au pied des immeuble. C’est déjà réalisé pour 3,4 millions de prise du groupe. Les 4 millions seront atteint en décembre 2008 sur un total de plus de 8,6 millions.

Pour les entreprises 600 NRA sont dégroupés et la cible de 1000 sera vraisemblablement atteinte en fin 2008.

La stratégie de conquête.

Numéricâble compte étendre son réseau de distribution avec de nouvelles boutiques en propre et surtout en franchise.

Il y a aujourd’hui 69 boutiques avec un objectif de 142 fin 2009. Je doute vraiment de la viabilité économique d’une franchise de ce type car la pression tarifaire va s’accroître entre les opérateurs et le multiples. Entre un Free qui fonctionne en low cost et un Numéricâble qui va redistribuer une partie de sa marge à des boutiques, le modèle reste à être démontrer. C’est sûr que pour Numéricâble il y a moins de risque à favoriser les investissements d’acteurs tiers plutôt de que prendre le risque d’accroître les boutiques en propre. En cas de retournement de marché ou de modification du périmètre stratégique, ce sont les franchisés qui en feront les frais.

Le service client

Pierre Danon reconnaît les nombreux problèmes, on peut difficilement le nier, et affiche une volonté ferme d’améliorer tout cela.

Le diagnostique paraît clair et j’ai tendance à croire le discours de Pierre Danon. Espérons, pour les clients de l’opérateur, qu’il aura les mains libres pour tout réaliser.

Il y a encore un an de travail dans l’esprit du DG pour atteindre les objectifs qu’il s’est fixé pour prendre des parts de marché aux autres acteurs.

Un petit laïusse patriotique dans le discours de « mettre la France sur le haut débit », Pierre Danon veut devenir le trublion de la fibre optique à l’instar de Free dans l’ADSL.

Un éloge pour Iliad qui a fait une différence par les services et Numéricâble veut faire une différence par l’infrastructure. C’est un discours étrange car un client se focalise sur les services et pas sur les « tuyaux » qui l’alimentent. Comme Numéricâble affiche clairement son intention de louer son infrastructure, tous ses concurrents pourront y mettre leurs services…

Numéricâble vise l’Europe

Il devrait y avoir des consolidations en Europe et Numéricâble souhaite se développer plus largement au niveau

En conclusion

Pierre Danon semble crédible dans cet exercice même si donner une bonne image de l’opérateur n’est pas une tâche facile avec le passif. Quoiqu’il en soit cela ne modifie pas mon avis sur la difficulté stratégique de cet acteur qui a bâti sa vision sur le marché de la télévision payante alors que je crois plus au marché de l’abonnement internet comme facteur déclencheur de conquête de client.

Les chiffres présentés dans la conférence aurait d’ailleurs tendance à démontrer une baisse sensible du nombre d’abonnés réels de Numéricâble mais c’est très dur à affirmer car il y a un flou artistique entre les abonnés à la télévision, ceux à l’ADSL, ceux au deux… Cette seule manière de présenter les chiffres renforce la méfiance.

Le développement d’une offre B to B est une bonne nouvelle pour l’entreprise mais cela n’augure pas de bonnes perspectives sur le B to C.

A suivre… attentivement

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18 septembre 2008 4 18 /09 /septembre /2008 15:58

weill1 par vous

C’est pendant l’Université d’été du Medef que le patron du groupe de médias Nextradio a eu l’occasion de revenir sur le développement de son groupe et sa vision de la situation française.

Le thème principal de la session était « Quand les médias plombent, quand les médias permettent « , mais cela a largement divergé tout en restant très intéressant.

Le groupe comprend dans son périmètre RMC, BFM Radio, BFM TV, le groupe 01.net et plus récemment la Tribune racheté à Bernard Arnault.

Alain Weill est très optimiste sur l’avenir des médias car il s’agit d’un secteur jeune. De son point de vue, la presse quotidienne s’est reconstruite après la guerre mais n’a pas su évoluer et se moderniser. Il n’y a pas eu assez de réflexion stratégique mais Alain Weill lui voit un avenir « positif ».

C’est plutôt contradictoire avec les visions et les faits mais le chef d’entreprise est plutôt visionnaire et nous saluons sa stratégie multi supports.

Sur l’audiovisuel, Alain Weill précise que la TV privée est très récente et rappelle que les dirigeants actuels sont issus la plupart des TV publiques de l’époque.

Une manière de dire qu’il faudrait du renouvellement pour aborder le tout numérique.

Le dirigeant démontre par le lancement réussi de BFM TV, qui est devenu la première chaîne d’infos, qu’il est possible de se développer sur ce segment en France.

Les journalistes sont-ils des nul en France

C’était l’une des questions de ce débat et Alain Weill a répondu sans langue de bois en indiquant que les médias doivent faire leur autocritique et faire preuve d’une plus grande rigueur. Cela vient, de son point de vue, de la formation des journalistes et des dirigeants et les médias français doivent se hisser au niveau de la qualité des médias anglo-saxons.

Il insiste en précisant qu’une entreprise de presse doit se gérer comme n’importe quelle entreprise et proposer de la qualité.

Le patron de NextRdio rappelle également que les chefs d’entreprise doivent gagner en maturité et accepter la critique. Alain Weill parle sans détour de campagnes de publicité annulées car une entreprise est mécontente des propos d’un support.

Je vous invite à visionner le premier extrait vidéo de l’intervention d’Alain Weill :

Suite à une remarque de Jean Claude Dassier (TF1), Alain Weill en profite pour égratigner un peu les patrons de médias en rappelant que, pour la plupart, ils n’y croient pas en tant qu’entreprise mais comme outil de pouvoir ou comme « danseuse ».

Pour lui, la France manque de gros actionnaires qui croient aux médias et pas à la marge. Aucun groupe de médias de taille ne s’est construit, contrairement à l’étranger, sur des journaux quotidiens à l’instar de News Corp. « Les quotidiens sont malades car ils se sont construits sur de mauvaises bases, et rien n’empêcherait le groupe Bouygues d’investir dans les médias à l’étranger. »

Alain Weill tape là où çà fait mal pour le groupe de BTP qui, avec TF1 a toujours raté son internationalisation à l’exception de Eurosport, mais était-ce bien prévu dans la stratégie initiale ?

Le PDG de NextRadio intervient également sur la loi française qui limite la concentration de médias et ajoute une pierre au jardin de Jean Claude Dassier qui a précisé que RTL n’a eu aucune limitation à acheter M6.

Sur le modèle low cost de son groupe, Alain Weill répond à une remarque de JC Dassier qui n’y croit pas, en insistant sur la caractère « historique » des acteurs comme TF1 qui croient rarement aux nouveaux modèles. Pour sa part le dirigeant de Nextradio croit au modèle de RyanAir plus qu’à celui de British Airways.

Une entreprise de médias est, pour lui une entreprise comme les autres.

Le second extrait d’Alain Weill

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